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Vidéo : dans l'intimité des clippeurs à travers un docu

Qu'est ce que le spectateur connait du clip et en particulier du clip hip-hop ? C'est la question à laquelle ont voulu répondre Dimitri Danvidé et Thomas Romain, réalisateur d'un documentaire sur le sujet. Résultat, on les a contacté.

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En vingt ans, le marché du clip hip-hop a fortement évolué, devenant un élément de passage obligatoire pour n'importe quel artiste en promotion. Pour autant, le milieu est saturé et la qualité des vidéos laisse parfois à désirer par manque d'ambition artistique et de moyens financiers. Ce documentaire donne enfin la parole à ces hommes et femmes de l'ombre qui sont les clippeurs rap.

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Nous avons rencontré l'un des deux réalisateurs : Dimitri Danvidé  qui nous en a dit un peu plus sur son projet.

K | Qui es tu ? D'où viens-tu ? 

Dimitri Danvidé, j'ai 27 ans et je viens du milieu de l'imagerie en tant que réalisateur et monteur, entre autres. Aujourd'hui, je suis à l'origine de ce documentaire qui porte sur les clippeurs dans le milieu hip-hop.

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K | Comment as-tu abordé l'écriture du scénario et le format ? 

Le scénario, je l'ai écrit tout seul, j'avais déjà l'idée de faire un documentaire sur la musique. Et vu que j'ai connu une courte carrière de clippeur, je me suis dirigé vers ce sujet. Je l'ai écrit sur un an et demi en collaboration avec plusieurs boites de production : j'ai donc dû le réécrire plusieurs fois, jusqu'à réduire le format.

J'ai retiré quelques thèmes pour finir avec cinq approches différentes : l'histoire, la sociologie, l'économie, le tour du monde des clips et, pour finir, la culture hip-hop. On a voulu faire un documentaire assez original avec une mise en scène et une présentatrice qui est aussi chorégraphe, ce qui nous a rendu la tâche encore moins évidente.

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K | Comment avez-vous trouvé votre problématique ?

On n'a pas voulu aller voir les chaînes ou les diffuseurs par peur d'avoir un discours soit assez froid soit formaté, qui ne nous permettrait pas de comprendre réellement ce qui clochait. Voilà pourquoi on a décidé d'aller voir les acteurs directement : les réalisateurs ou les artistes. Je pensais que tout le monde se renvoyait la balle et que personne n'assumait sa part de responsabilité. On a pu se rendre compte que c'était la faute de personne et que tout le monde voulait changer les choses.

Certaines maisons de disques trouvent qu'il y a trop de noirs dans les clips.

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K | Pourquoi ça ne change pas dans ce cas ? 

Le monde du clip, tout comme le cinéma, est un business. C'est le gros problème de cet univers parce que c'est de plus en plus dur de monétiser un clip. Il y a de plus en plus de réalisateurs vu qu'aujourd'hui tout le monde peut faire un clip avec un 5D. Mais pour un bon clip, il faut de l'argent.

Un autre problème, c'est qu'il y a beaucoup de maisons de disques qui trouvent que, dans certains clips, il y a par exemple trop de noirs. C'est un tel problème que certains clippeurs français en ont eu marre de suivre ces directives. C'est pour ça qu'ils ne travaillent plus en France.

On parle de hip-hop en tant que sous-culture, comme on l'entend en sociologie.


| Pourquoi avoir choisi les clips de rap ? 

C'est un domaine qu'on ne connait pas vraiment. J'avais envie de parler de culture hip-hop parce qu'on n'en parle pas assez. Dans ce documentaire, on parle du hip-hop en tant que sous-culture, comme on l'entend en sociologie : un ensemble de valeurs, de normes et de comportements propres à un groupe social donné et manifestant un écart par rapport à la culture dominante. On a voulu sortir des clichés des vidéos mal foutues qu'on trouve sur Internet pour faire un reportage classe sur le sujet.

K | Comment se sont passés les connexions avec les différents intervenants ? 

Ça n'a pas été évident. On a fait un véritable travail de recherche pour les contacter. C'est pas facile de convaincre des mecs qui ont l'habitude d'être derrière, de passer devant la caméra et de répondre aux questions. Au final, on les a mis à l'aise et on s'est rendu compte que tous avaient envie de parler sur la sujet. Ça a été au-delà de nos espérances. Ils n'avaient pas vraiment l'habitude de parler des clips, même pour un rappeur comme Oxmo Puccino qui a pris du plaisir à nous répondre.

K | Quel avenir a le clip selon toi ? 

C'est compliqué. On a l'impression qu'il s'assombrit quand on voit le documentaire, notamment à cause du manque d'argent. J'ai de l'espoir : au fur et à mesure, on va avoir de nouveaux réalisateurs qui vont faire évoluer la choses dans le bon sens.

Le documentaire Les Clippeurs (produit par Nema Prod)  sortira courant 2013 sur le petit écran et sera disponible par la suite sur la Toile et en DVD.

Par , publié le 09/01/2013

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