Le documentaire oublié d'Hitchcock sur la Shoah

Il y a quelques jours, on apprenait que Memory of the camps, un documentaire d'Alfred Hitchcock sur la Shoah jamais diffusé publiquement allait être restauré numériquement par le Musée Impérial de la Guerre de Londres à l'occasion du 70ème anniversaire de la fin de la Deuxième Guerre mondiale.

Peu connu du grand public, ce documentaire de 1945 est pourtant sorti en 1984 et il est en ligne sur YouTube depuis un petit moment.

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Si Alfred Hitchcock a décidé de se lancer dans le montage de son documentaire sur la Shoah en 1945, c'est en grande partie grâce au producteur Sidney Bernstein. Encouragé par son ami, le réalisateur récupère les rushes tournés à Bergen-Belsen en Allemagne par l'armée britannique pendant la libération des camps.

Très touché par ce qu'il y voit, Hitchcock prend vraiment à coeur ce travail documentaire destiné à être montré aux Allemands pour les mettre face à leurs responsabilités dans les crimes commis. Mais une fois le film terminé, les orientations politiques des autorités changent d'avis et penchent vers la réconciliation européenne. Le documentaire du futur maître du suspense finit rangé au Musée Impérial de la Guerre et oublié pendant des années, avant d'être redécouvert dans les années 80.

Filmer l'horreur

C'est lors de la libération et devant l'horreur qu'ils découvraient dans les camps de concentration que les cameramen des services cinématographiques des armées ont commencé à filmer spontanément. Les images tournées ont été très peu vues à l'époque, même si dès 1946 Orson Welles a montré une partie des bandes filmées dans son long métrage Le Criminel, qui relate l'histoire d'un nazi en fuite dans une petite ville des Etats-Unis.

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Mais le vrai électrochoc pour le public est dû au célèbre film d'Alain Resnais Nuit et Brouillard en 1955. Commandé par le Comité d’histoire de la Seconde Guerre mondiale, un organisme gouvernemental français, le documentaire mélange archives en noir et blanc et images tournées en couleur. Trente-deux minutes qui montrent l'impensable avec des textes écrits par l'écrivain Jean Cayrol, un résistant français déporté dans le KZ Mauthausen en 1943.

Par Constance Bloch, publié le 15/01/2014

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