Terry Gilliam et Jean Rochefort sur le tournage de L’homme qui tua Don Quichotte (© Lost in la Mancha – Haut et Court )

Dix-sept ans après, Terry Gilliam termine (enfin !) son Don Quichotte

Terry Gilliam a entrepris de tourner, il y a dix-sept ans, L’Homme qui tua Don Quichotte. Mais en presque deux décennies, le réalisateur a dû faire face à de nombreux obstacles qui l’avaient jusqu’à présent empêché de terminer son film.

Terry Gilliam et Jean Rochefort sur le tournage de L'homme qui tua Don Quichotte (© Lost in la Mancha - Haut et Court )

Terry Gilliam et Jean Rochefort sur le tournage de L’Homme qui tua Don Quichotte dans le documentaire Lost in La Mancha. (© Haut et Court)

Peut-être connaissez-vous Lost in La Mancha, le "non-making of" du film maudit de Terry Gilliam, L’Homme qui tua Don Quichotte. L’ex-Monty Python, connu pour Brazil, L’Armée des douze singes ou encore son légendaire Las Vegas Parano, est aussi célèbre pour avoir galéré (et encore, le mot est faible) durant presque deux décennies, à tourner son Don Quichotte. Une version dépoussiérant le mythe de Miguel de Cervantes, dans lequel un publicitaire rencontre le héros espagnol.

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Deux documentaristes, Keith Fulton et Louis Pepe, ont suivi ce tournage chaotique dans Lost in La Mancha, sorti en 2002. Ils y illustrent les difficultés de la réalisation, entre tensions budgétaires, planning serré, maltraitance animale, bouleversement dans le casting et catastrophes en tout genre… Leur projet initial, qui devait être un reportage, une chronique de tournage, se transforma en documentaire dévoilant, jour après jour, les échecs successifs du cinéaste. L’Homme qui tua Don Quichotte fait donc partie de ces projets maudits, ceux qui traînent pendant des années, à l’instar de Dune ou de Silence.

Un tournage cauchemardesque

D’abord, il y a eu des soucis budgétaires qui rétrécirent les rêves du réalisateur. Puis une pluie battante et destructrice souilla le décor, alors que l’équipe tournait en plein désert, dans les environs de Madrid. Mais même dérangé par des avions de chasse qui survolaient le plateau de tournage et rendaient les prises de vues impossibles, l’enthousiasme de l’ex-Monty Python prenait toujours le dessus !

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Il y eut ensuite le départ des têtes d’affiche. Jean Rochefort, notre monument français qui avait décroché le rôle-titre, dû être rapatrié en France à cause d’une vilaine hernie discale, l’empêchant d’incarner son personnage puisqu’il était incapable de monter à cheval… Avec les retards et les rendez-vous manqués pour les répétitions, les pertes au casting se sont enchaînées : Johnny Depp et Vanessa Paradis durent eux aussi abandonner le projet, à cause de leur engagement sur d’autres films.

Outre l’assistant courant après une caméra tombée dans un torrent ou encore le décès, sur le tournage, d’un cheval maltraité et affamé, on peut ajouter à ce récit des mauvaises nouvelles la perte des droits des scènes tournées ainsi que du scénario, que Terry Gilliam récupérera ensuite à son assureur, en s’engageant à trouver les fonds nécessaires.

Casse-tête d’affiche

Le tournage reprendra en 2008, mais le casting sera ensuite revu pendant de nombreuses années. Jean Rochefort se fera successivement remplacer par Robert Duvall, John Hurt, puis Michael Palin des Monty Python. En 2017, Jonathan Pryce, qui s’est déjà illustré devant la caméra de Terry Gilliam dans Brazil, est (enfin !) confirmé pour jouer Don Quichotte.

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Face à lui, on retrouvera Adam Driver qui incarnera Toby, un réalisateur de pubs désabusé, un rôle préalablement réservé à Johnny Depp, puis à Ewan McGregor, Owen Wilson ou encore Jack O’Connell (Skins). Un post Facebook nous a appris il y a peu que le réalisateur avait bel et bien terminé son film :

Traduction : "Désolé pour ce long silence. J’ai été occupé à charger ce camion et suis maintenant en route pour rentrer chez moi. Après dix-sept ans, nous avons terminé le tournage de L’Homme qui tua Don Quichotte. Muchas gracias à toute l’équipe et aux croyants. Quichotte est vivant !"

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Victoire donc ! Depuis les années 1990, Terry Gilliam menait un combat qu’il vient de gagner. Le film sortira prochainement et, à cause de son passé houleux et grâce à son joli casting, il devrait retenir l’attention de tous les médias…

Par Lucille Bion, publié le 05/06/2017

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