Décès de Martin Sharp, artiste psychédélique

Martin Sharp est de ceux qui ont imprimé son époque. Là où les grands qui l'entouraient dans les années 60 voulaient faire la révolution avec leur guitare ou bien leur voix, lui s'armait de crayons et de pinceaux. Artiste typique de la contre-culture des années beatnik, il participe à la création du magazine Oz avec Richard Neville et Richard Walsh en 1963. L'Australien exilé à Londres avait alors 21 ans.

Martin Ritchie Sharp est né le 21 janvier 1942.

Sur son parcours, Martin Sharp laisse de nombreux jalons qui ont compté dans l'histoire de la Beat Generation et des arts graphiques en général. Outre le sulfureux magazine Oz, Martin Sharp a réalisé des visuels pour des artistes rock de cette époque. Il a par exemple conçu la pochette du fameux disque Disraeli Gears de Cream - il a même été le colocataire du guitariste du groupe à Chelsea, un certain Eric Clapton - ou encore des collages ou peintures qui resteront célèbres, tels ceux mettant en scène Bob Dylan ou Jimi Hendrix dans des univers hallucinés, mêlant couleurs fluorescentes, trip sous acide et références vicelardes aux Beaux-Arts.

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Après être rentré en Australie en 1973, l'artiste continue à dédier son art à la faveur du mouvement de contre-culture lié aux années 60. Il crée alors la Yellow House à Sidney, demeure alternative où les artistes visuels, apprentis cinéastes ou performers sont les bienvenus. Martin Sharp est décédé dimanche soir à Sidney des suites d'un emphysème dans sa demeure de Sidney. Celui qui a inspiré des générations d'artistes au cours des décennies qui ont suivi celle du flower power s'est éteint à l'âge de 71 ans.

Ci-dessous, quelques-uns de ses travaux :

L'une des couvertures du magazine Oz.

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La fameuse pochette de l'album Disraeli Gears de Cream.

La pochette de l'album Wheels Of Love est également à porter à l'actif de Martin Sharp. Il gagna le prix New York Art Directors Prize pour le meilleur design d'album 1969 grâce à ce visuel.

Un poster en hommage à Bob Dylan, le "Tambourine Man" dont Martin Sharp aimait tant la musique.

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Visuel réalisé à partir d'une photo originale de Jimi Hendrix. L'explosion de couleurs est à ce jour une des plus belles représentations de la densité et de l'émotion qui résultent de la musique de l'interprète de "Hey Joe".

Martin Sharp a dessiné le visage à l'entrée du Luna Park de Sidney.

 

Par Théo Chapuis, publié le 02/12/2013

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