Cuisine, monstres, chats et fantasy : 5 mangas à découvrir d’urgence

Vous prendrez bien une autre dose de mangas de qualité ? Voici des histoires fantastiques, crades, décalées et du quotidien…

Vous avez aimé notre première sélection ? En voici une autre, avec des titres dont les derniers volumes sont sortis ces derniers temps. Bonne lecture !

Sommali et l’esprit de la forêt

Sommali et l’esprit de la forêt de Yako Gureishi (© Komiku)

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Bonne nouvelle si vous êtes un lecteur, mauvaise nouvelle si vous êtes un éditeur : en 2017, le marché du manga est saturé. Et parmi la flopée de "tomes 1" qui sortent de manière industrielle dans une indifférence générale, on trouve une foultitude de bonnes histoires.

Un peu comme dans le jeu vidéo indépendant cette année, l’une des grandes tendances de ces séries est de faire subir à des enfants toutes sortes de mésaventures dans un contexte de fantasy. Dans une veine proche de celle de Made in Abyss, To Your Eternity, Les Enfants de la baleine ou encore L’Enfant et le Maudit, vient de paraître le dernier tome de Sommali, le très relaxant manga de Yako Gureishi.

On y suit la fuite en avant de Sommali, une gamine humaine perdue dans un monde où il n’y a plus que des monstres. Dans sa recherche d’autres humains, elle est chaperonnée par un golem moribond. Sauf que Sommali ne sait pas que cette figure paternelle de substitution est sur la fin de sa vie… Leurs péripéties les amènent à traverser un monde fantastique, extrêmement détaillé, où tout est un petit enchantement.

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Les superbes dessins servent à merveille les histoires sincères et émouvantes que l’on découvre au fil du voyage. À l’inverse des autres œuvres évoquées précédemment, Sommali est un voyage initiatique au ton plus positif. Hélas, les sorties de ce coup de cœur sont bien trop rares.

Sommali et l’esprit de la forêt, de Yako Gureishi, est disponible chez Komiku (trois tomes publiés en France, seinen).

Mon chat, ma cuisine et moi

Mon chat, ma cuisine et moi de Han Hye Yeon. (© Kana)

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Attention, ici on change de pays d’origine : ce livre est un "manwha", c’est-à-dire un "manga coréen". Autre particularité : Mon chat, ma cuisine et moi est édité dans le sens de lecture occidental, de gauche à droite. Cette œuvre rassemble quelques thèmes beaucoup exploités ces derniers temps dans les mangas alternatifs : les affres de la solitude, la figure de la working girl et la vie de jeune adulte racontée en autofiction. Ici, Jeanne, récemment virée de son boulot, va apprendre à rebondir en s’inscrivant à une formation en boulangerie-pâtisserie, puis en ouvrant un café.

Derrière une apparente simplicité du dessin et du découpage des pages se cache une idée originale : raconter des petites tranches de vie à travers le prisme de recettes de cuisine simples à faire. Avec en prime trois chats aussi nuisibles que mignons, le tout est un peu simple, mais relaxant.

Ce livre a une utilité toute particulière à un profil précis de lecteur : si vous êtes jeune, célibataire, un peu paumé·e, en transition dans votre vie ou juste à la recherche de quelque chose d’un peu différent, Mon chat, ma cuisine et moi fait le taf. D’abord en vous donnant, clefs en main, quelques recettes simples pour épater vos proches ou vous faire plaisir en apprenant quelque chose de nouveau. Ou, tout simplement, en assouvissant votre envie de chat (mais pas dans l’assiette, s’il vous plaît).

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Mon chat, ma cuisine et moi, de Han Hye-yeonun est sorti chez Kana (one-shot, manwha).

Les Enfants de l’araignée

Les Enfants de l’araignée de Mario Tamura (© Casterman)

Avec sa collection Sakka, Casterman s’efforce de publier toutes sortes de polars, de romans noirs, de dystopies et autres univers sombres de science-fiction. Une gamme radicale et inégale qui a le mérite de nous faire découvrir des œuvres un peu iconoclastes. Dernière trouvaille de la collection : Les Enfants de l’araignée, de Mario Tamura.

Le titre (qui se présente ici sous la forme d’un épais volume de 400 pages), a été publié initialement en 2001 dans la mythique revue Manga Erotics F. Et effectivement, il y a un tout petit peu d’érotisme dans ces pages qui nous racontent l’histoire d’un groupe d’adolescents confrontés à une junte militaire, dans un univers dystopique.

Les héros sont condamnés à être lancés dans un puits sans fond… qui abrite tout un monde alternatif. Leur mission – et ils seront bien forcés de l’accepter – va être de sauver l’un des leurs, et tenter au passage de renverser le pouvoir en place, qui tire son énergie d’une mystérieuse substance liée aux arachnides…

Un peu bordélique et hasardeux, Les Enfants de l’araignée a le mérite de construire un univers craspec et de s’affranchir des références qu’il convoque. Si vous arrivez à passer outre le gloubi-boulga scénaristique, cette fuite en avant dystopique pourrait vous séduire.

Les Enfants de l’araignée, de Mario Tamura, est édité par Casterman dans la collection Sakka (one-shot, seinen).

Monster Musume

Monster Musume (© Ototo)

Attention : curiosité. Monster Musume est l’œuvre qui, a son apparition en 2012, a codifié un genre qui n’avait pas encore d’œuvre mainstream sur laquelle développer son succès : celui des histoires de monster girls, où toutes les créatures des folklores, panthéons et mythologies du monde entier sont convoquées dans des histoires érotiques. Il y a encore bien trop peu de monster boys, mais c’est sans doute car le public visé est majoritairement masculin.

Mais si Monster Musume est une série ecchi (c’est-à-dire érotique) et un peu crétine dans le fond, elle fait mine de rien preuve de pas mal d’intelligence, sans jamais verser dans l’offensant ou le sexisme. On y suit l’histoire de Kimihito, un jeune homme progressivement forcé à cohabiter avec ces créatures, de plus en plus envahissantes… mais attachantes.

Ce festival de réappropriations et de situations à prendre au 15e degré fait de Monster Musume (du moins au début) un manga vraiment drôle et outrancier. À ne vraiment pas mettre devant de jeunes âmes, bien sûr.

Monster Musume, d’Okayado, est édité chez Ototo (deux tomes, seinen).

My Hero Academia

My Hero Academia de Kohei Horikoshi. (© Ki-Oon)

Comment, vous ne lisez toujours pas l’un des plus gros shonen du moment ? Pourtant, My Hero Academia a de multiples qualités, dont la capacité à faire évoluer tout une classe, littéralement, de personnages, en prenant soin de les faire tous briller. C’est bien simple : My Hero Academia est peut-être le meilleur shonen du moment.

Dans son manga précédent, Crazy Zoo, Kohei Horikoshi cultivait déjà ses grands atouts : le rythme et le chara-design. Cela se ressent particulièrement dans My Hero Academia, qui nous dépeint un univers alternatif où la majorité des gens ont un superpouvoir.

Le onzième tome vient de sortir, ce qui signifie que le glorieux cap des 100 chapitres va bientôt être franchi. En outre, il se passe dans ce nouveau volume quelque chose qui renverse les codes ancrés depuis le début de la série. On n’en dira pas plus, mais il est toujours aussi plaisant de voir évoluer et interagir toute cette galerie de personnages.

My Hero Academia, de Kohei Horikoshi, est édité chez Ki-Oon (onze tomes, shonen).

Par Benjamin Benoit, publié le 17/11/2017

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