Couverture de III, troisième album de Crystal Castles

Review : Crystal Castles lâche III, en gage de puissance

Couverture de III, troisième album de Crystal Castles

La recette est a peu près la même : avec une production electro toujours aussi sombre, Crystal Castles revient pour un troisième essai, intitulé sobrement III. Mais cette fois-ci, le duo a le don d'asphyxier ses sons. Car c'est en plongée, à 20 mètres sous l'eau, que le duo fait respirer ses compositions, de Plague à Child I Will Hurt You. La noyade pour mieux faire cracher les poumons, une fois le refrain atteint. Plague, piste introductive, en est l'exemple parfait, avec ces bouts de sons qui semblent sortis d'un film d'horreur :

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Affection sauve l'auditeur de la claustrophobie ambiante : la voix est toujours aussi éloignée, le gimmick techno à la Crystal Castles usé résonne mais ce sont des voix sorties de l'enfer qui nous guident. Une electro épurée pour un résultat fort.

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Et Sad Eyes vient redonner du souffle au disque après les quatre premières compositions de l'album qui s'essoufflent. Les Crystal Castles, dans la recherche d'un son nostalgique à souhait, entre violence des synthès et douceurs de la voix, donnent tout dans cette track, sorte de  fondement de leur identité musicale punk. Ils construisent une machine de guerre : un tempo rapide, les clichés de l'electro revigorés et une batterie aussi ordinaire qu'efficace.

La seconde partie de III est un tournant, politique celui-ci. En témoignent les Kerosene et Violent Youth. Enfin, lorsque Telepath se fait entendre, il semblerait que Gold Panda ne soit pas très loin.

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A la fin de l'album, un constat : Crystal Castles continue de soigner l'image d'un groupe à la fois punk et rigoriste. Car pour rappel, le duo canadien se sont fait connaître a travers la track Alice Practice. Sans le savoir, et alors que la voix était encore en version beta, Ethan Kath et Alice Glass se sont retrouvés soudainement aux prises de labels qui les voulaient et d'auditeurs qui les adulaient. Pour III, on peut toujours en attester : Crystal Castles, par son sens de l'improvisation et sa palette de voix, de rythmiques et de folies, est toujours le méchant canard de l'électro. L'inverse aurait causé sa perte.

Par Louis Lepron, publié le 23/11/2012

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