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Exclu : Canicule, le court-métrage sensuel et brûlant à (re)voir cet hiver

Après avoir connu ses heures de gloire en festival, Canicule qu’on soutient depuis cet été est de nouveau en ligne, en exclu. Un moment de chaleur et de fête pour braver l’hiver.

Quelques heures un été, à Paris. Derrière l’ambiance festive, sensuelle et brûlante du court-métrage Canicule, on remarque les débuts prometteurs de Charly Destombes et Leïla Lamblin derrière la caméra. Le duo a imaginé le feuilleton nocturne et agité de Lou, jouée par l’avenante et longiligne Natalia Pujszo. Elle nous embarque avec simplicité dans sa petite fête, organisée à l’occasion du départ de ses colocataires à l’étranger. L’occasion de croiser des garçons, monter le son et descendre des litres de bières jusqu’au petit matin.

Après avoir présenté leur film dans de nombreux festivals aux quatre coins du monde et notamment au Short Film Corner au festival de Cannes, les réalisateurs redescendent aujourd’hui de leur petit nuage avec de nombreux prix : Meilleur Film dans des festivals de courts-métrages à Los Angeles et Toronto, Prix du Public à Glasgow, Mention Honorable à Top Shorts, leader des festivals en ligne…

Pour boucler une boucle qui s’est étendu des États-Unis à Bucarest ou encore Aosta, Canicule sera projeté ce samedi 1er décembre, lors de la première édition de La Confess, une soirée queer-techno-art à l’Officine 2.0, à Paris.

À la fois musical et authentique, ce court-métrage de 20 minutes raconte avant tout une histoire universelle. Passionnés, les deux cinéastes ont décidé de se lancer dans l’inconnu. Entre galères et timing ultra-serré, le duo a accepté de nous raconter sa première victoire : Canicule. Leur court-métrage est de nouveau disponible en exclusivité sur Konbini.

(Re)découvrez leur interview, avant leur deuxième bataille qui se prépare : leur nouveau court-métrage, mettant en scène Léon, un jeune homme de 29 ans qui revient dans sa famille pour les fêtes de fin d’année, après une rupture douloureuse.

Konbini | Comment vous est venue l’idée du film ?

Charly : On s’est rencontrés il y a deux ans avec Leïla et on s’est tout de suite hyper bien entendu, on est devenus très amis. On s’est rendu compte qu’on avait des centres d’intérêt communs, notamment sur la pop culture, les séries…

Leïla : Oui, la même sensibilité au cinéma, les mêmes goûts de films. Et un jour, on a dit tout haut ce que l’on n’osait peut-être pas dire : que l’on rêvait de faire un film. On a ensuite écrit l’histoire en se focalisant sur un sujet très précis : représenter notre génération dans une histoire qui nous ressemblait.

Charly : On voulait brasser les thématiques dont on entendait beaucoup parler : l’insatisfaction professionnelle, ne pas avancer, les relations toxiques, ces ex qui t’accompagnent des années… Ce scénario est basé sur l’instant et la volonté de montrer l’évolution d’un personnage.

Quelles sont vos inspirations ?

Leïla : Globalement, on aime les mêmes personnes et les mêmes talents mais notre grosse inspiration, c’est Xavier Dolan, bien entendu. Il fait un cinéma qui est différent, esthétique, profond, poétique. On aime aussi Gregg Araki et Nicolas Winding Refn.

Charly : Moi, j’ai vraiment grandi avec des teen-movies. Gus Van Sant, Larry Clark, Sofia Coppola, mais on a aussi une fascination pour Search Party de Charles Rogers et Sarah-Violet Bliss, qui suit des jeunes paumés à New York. Il y a quelques années, ils avaient d’ailleurs fait un long-métrage hyper intéressant, Fort Tilden. C’est l’histoire de deux nanas paumées qui se mettent en tête de trouver une plage un peu secrète dans la banlieue de New York. Ce film, parmi tant d’autres, c’était une inspiration pour Canicule afin de parler de la jeunesse en quête de sens dans une grande ville.

Pas trop compliqué pour une première fois ?

Leïla : Comme ni Charly ni moi n’avons fait d’école de cinéma, on savait qu’à la suite de l’écriture du scénario ce serait compliqué, qu’on n’aurait pas une équipe technique en un claquement de doigts. C’était un peu délicat, mais grâce au bouche-à-oreille, on a trouvé rapidement des gens pour nous accompagner du début à la fin. Il faut savoir que c’est un projet autofinancé. On avait seulement 4 mois pour la pré-prod et le tournage…

Charly : Ça s’est relativement bien passé malgré un timing serré. Il a fallu monter un casting alors qu’on avait cinq personnages assez importants. Il y avait un vrai challenge sur le personnage américain car il devait savoir jouer, chanter, parler français et être d’accord pour embrasser un mec… Pour ne rien te cacher, on a évidemment eu des petits couacs qu’on a toujours su surmonter. (Rires)

Leïla : Je vais passer pour la pessimiste de service mais je résume cela d’une manière très simple : "un film c’est 80 % d’obstacles à surmonter pour 20 % de bon process." (Rires)

Article publié le 29 juin 2018 et mis à jour le 26 novembre 2018

Par Lucille Bion, publié le 26/11/2018