Chronique: The National @ Le Point Ephémère

Pour des raisons évidentes, The National a vu son concert à Istanbul annulé et, le groupe de Brooklyn a choisi le Point Ephémère comme remplacement à la place Taksim. Concert surprise d’un groupe qui remplit des salles à 6 000 places en dix minutes dans un petit hangar sur les rives de la Seine.

The National

(de g. à dr.) Bryan Devendorf, Bryce Dessner, Matt Berninger, Aaron Dessner, Scott Devendorf

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The National est un groupe qui, petit à petit, arrive à se hisser au rang des plus grands groupes des années 2000 à coups de paroles léchées, de chansons obsédantes et de riffs sobres et efficaces (les deux guitaristes sont frères et ont appris à jouer ensemble).

Prenez par exemple Terrible Love –deux phrases, scandées à l’infini (« It’s a terrible love, that I’m walking with spiders / It takes an ocean not to break »), une guitare saturée qui recouvre sa contrepartie acoustique et une et des percussions qui filent des frissons. Terrible Love, donc, c’est une très bonne chanson de High Violet, leur album paru en 2007. C’est aussi la première chanson pendant laquelle j’ai pleuré à un concert.

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I Should Live In Salt

Pour comprendre l’ambiance étrange qui régnait Lundi dernier au Point éphémère, il faut tout d’abord comprendre la musique de The National. A travers une flopée d’interviews lors de la sortie de High Violet -de loin l’opus le plus sombre de la formation-, Matt Berninger, frontman du groupe et du coeur de beaucoup de filles, élucide la relation du groupe avec cette tristesse qui hante chacune de leurs tracks. Chacune de leur chanson n’est autre qu’un exutoire de noirceur assumée.

Assumée, donc, mais pas omniprésente. Dans la petite salle de 300 personnes du Point Eph’, Matt Berninger lâchait quelques blagues entre deux verres de vin, tandis qu’Aaron Dessner remerciait, dans un français quasi-parfait, le public français pour leur soutien depuis les débuts de Sad Songs for Dirty Lovers. Avant de replonger dans leur dépression désirée, le temps d’une chanson, emmenant leur public dans leur ascenseur émotionnel.

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 Squalor Victoria

 The National n’est pas un groupe qui cherche à impressionner. Conscients qu’ils excellent dans leur genre, ils y prennent de plus en plus de plaisir et s’élèvent, lentement et sûrement, vers les cieux du rock alternatif. On ne s’attendait à rien de surprenant, alors, quant aux chansons qu’ils allaient jouer -promotion de Trouble Will Find Me oblige.

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La douceur de I Should Live In Salt, d’abord, suivi du canon de Don’t Swallow The Cap. Et puis le tir en plein ventre, Secret Meeting, sorti tout droit d’Alligator, le plus brut de leurs opus. Ce n’est plus qu’un simple concert-promo, c’est un cadeau à des fans qui hurlent Abel, qui serrent les dents The Geese of Beverly Hills.

Certains s’attendaient peut-être à un retour aux sources, à ce que le groupe joue l’intégralité de Cherry Tree, et non pas huit chansons de TWFM. Et pourtant, c’est la force de The National, c’est là où ils font mouche, quand leurs chansons nous prennent par surprise, quand on n’arrive pas à croire que Graceless soit à la hauteur de Fake Empire ou que Humiliation puisse nous envelopper, un instant, hors du temps.

Vanderlyle Crybaby Geeks

 Setlist

  1. I Should Live In Salt

  2. Don’t Swallow The Cap

  3. Secret Meetin

  4. Bloodbuzz Ohio

  5. Sea of Love

  6. Squalor Victoria

  7. I Need My Girl

  8. This Is The Last Time

  9. The Geese of Beverly Roads

  10. Abel

  11. Pink Rabbits

  12. Graceless

  13. Fake Empire

Encore

  1. Humiliation

  2. Mr. November

  3. Terrible Love

  4. Vanderlyle Crybaby Geeks

Par Pierre Depaz, publié le 27/06/2013

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