Pochette de Paris Sud Minute d’1995

Chronique : Paris Sud Minute de 1995

À l'occasion de la sortie du nouveau clip de 1995, Réel, Konbini vous livre sa pensée sur leur tout nouvel album Paris Sud Minute

Pochette de Paris Sud Minute d'1995

Comme de nombreux médias, nous avons eu la chance d'assister à l'écoute du premier album de 1995 il y a près d'un mois. Suite à ça, nous avions décidés d'attendre la sortie de l'album pour vous en parler. Pourquoi ? Car qui peut se permettre de juger et critiquer un projet après une simple écoute face à des hauts parleurs dans un lieu neutre ? Nous sommes le 3 janvier, l'album est dans les bacs depuis le 31 décembre et dans les oreilles de certains chanceux (ou pirates) depuis plus d'une semaine. Enfin nous avons pu apprécier l'album à sa juste valeur. C'est à dire chez nous, au calme, avec nos écouteurs et surtout du temps pour apprécier les différentes compositions (17 au total) lyrics, ambiances et instrus. Et c'est à partir de là que nous commencerons cette chronique.

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Les instrumentaux, douze au total pour le seul Hologram Lo (beatmaker du groupe), c'est beaucoup plus que lors des précédents projets, les deux EP La Source et La Suite. Et on comprend assez vite pourquoi. Si une chose a fait l'unanimité dans la rédaction de Konbini, c'est la puissance des productions de Paris Sud Minute :  percutantes et variées. Seul un sourd ne pourrait constater la surprenante progression d'Hologram Lo. Petit bémol tout de même le concernant : on le préfère derrière sa MPC ou ses platines que derrière un micro. Il lâche un couplet à la fin du morceau éponyme Paris Sud Minute.

Le nouveau clip Réel tout juste sorti et réalisé par Garage

On parle de cinq jeunes rappeurs qui passent leur temps à écrire des textes depuis près de cinq ans. Il semble donc difficile pour eux de se retenir de nous balancer des kilogrammes de texte. Il est vrai qu'après 1 heure 10 minutes d'écoute, on peut se dire que l'album traine un peu en longueur aussi car on vit dans l'époque où on a plus le temps pour rien. À la suite de la première écoute, ce qui nous avait embêté résidait dans le manque de lien entre les différentes compositions : l'ensemble manquait de cohérence. Après plusieurs écoutes, cette cohérence prend forme. On ne peut pas leur enlever le fait que même si l'album a été concocté en peu de temps, on ressent le travail qui a été fourni et la réflexion apportée par chaque membre du groupe.

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Un album soigné

Certaines incompréhensions sont tout de même présentes dans ce projet. Le morceau 103, ressenti comme une sorte de coupure pub au milieu d'un bon film. Quelques couplets, qui manquent également de consistance, sont assez pauvres techniquement et présentent un fond qui manque de profondeur. Certains thèmes sont aussi assez faciles : Pétasse blanche, pour n'en citer qu'un, où les parisiens nous parlent des méfaits de la cocaïne. Un discours qu'ils ne cessent de ressasser, tout en faisant l'apologie d'autres drogues plus douces selon les autorités. Si on commence à se stigmatiser entre drogués, on n'est pas sorti de l'auberge de la discrimination.

Ceux qui cracheront sur Paris Sud Minute sans l'avoir écouté, mais simplement par passion du "haterisme" envers ce groupe - catégorisé bobo, et on ne sait pas vraiment pourquoi, seront vite démasqués. Stop ! Nous ne sommes pas en train d'insinuer que cet album serait une sorte de classique ou le projet phare de 2013 alors que l'année vient à peine de démarrer. Simplement que Paris Sud Minute est une galette plus qu'honorable. Rares sont les acteurs du rap français actuel qui peuvent se vanter d'apporter un vent nouveau dans un milieu souvent fermé, et pollué par un esprit puriste, plus néfaste qu'autre chose. Et tout ça en indépendance presque totale : le groupe collabore avec Polydor seulement pour la distribution des skeuds.

Les rappeurs du sud de Paris respectent leurs principes, plus préoccupés par leur direction que par la tendance. C'est ça leur vie.

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L'album en écoute sur Spotify :

Morceaux que l'on retient : Ça raisonne, Big Bang théorie, Flingue Dessus, Le passage, Pleure Salope.

Par , publié le 03/01/2013

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