Chronique : La Femme - Psycho Tropical Berlin

Deux longues années après l'apparition de Sur La Planche, La Femme, originaire de Biarritz, nouvellement signé chez Barclay et porté par les espoirs d'un public français désireux de renouveau, sort son premier album. 

la femme

Pochette - Elzo Durt

Après un nouvel EP sorti au début de l'année, La Femme se devait de confirmer son rang nouveau dans la musique française. Malgré la recrudescence des groupes chantant en français, peu l'avaient fait avec autant de personnalité que cette femme. Du moins, ces femmes et ces hommes. Autour de Marlon et Sacha viennent s'articuler des femmes différentes, comme ils aiment tant le scander dans leurs interviews.

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Psycho Tropical Berlin débute  avec le titre le plus agressif de cet album, "Antitaxi", qui transforme le préambule en véritable cri de haine sortant de cette voix féminine qui vient contraster avec la voix hargneuse d'homme incitant à prendre le bus. L'album continue avec les bien connus "Amour dans le Motu" et "La Femme", qui ne cesseront de plaire à vos oreilles.

Puis le début d'album, aux rythmes enjoués, plonge vers une ambiance plus sombre avec cet "Interlude", qui nous invite à rentrer dans l'atmosphère torturée de "Hypsoline",  véritable enchaînement de jeux de sonorités plus incongrus les uns que les autres, s'entremêlant avec un texte plutôt loufoque  :

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Ibrahim dit de Babylone l’immole soudain sous l’adrénaline. 4.7 Mol d’Hypsoline fit de lui une vermine. Hypsoline, ypsilone.  Hypsoline, psychologue.

On continue l'album avec "Sur la planche", premier succès dont on ne se lassera jamais, précédant "It's time to wake up", piste de près de sept minutes dotée d'un texte sordide qui s'accompagne de chœurs invitant à un long voyage jusqu'en « California ».

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"La fièvre jaune" de La Femme nous tend les bras

Apparaît enfin, en milieu d'album, cette perle rare, qui vaut à La Femme de jolies comparaisons. Un titre jamais apparu en version studio, mais déjà entendu lors des concerts de notre femme préférée, "Nous étions deux", jeu vicieux entre un garçon et sa compagne, sur fond de tromperie. Et malgré des paroles toujours plus étranges, on se prend au jeu et on finit par ne rêver plus que d'une chose, danser, danser dessus, le sourire aux lèvres et la gorge nouée, "la fièvre jaune nous tendant les bras".

Avec "Saisis La Corde" et "Le Blues de Françoise", La Femme signe deux titres à ne surtout pas écouter lors des moments de mélancolie de votre vie, mais à lancer de toute urgence pour les amoureux de musique. On y retrouve "Françoise", cette femme déjà connue grâce à l'EP Le Podium, dans une longue complainte, ou une nouvelle femme, son amie, l'implore de se ressaisir. Il faut dire qu'elle n'est pas belle quand elle pleure, Françoise.


Auto-Interview de La Femme

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S'enchaîne ensuite "Si un jour", morceau plus rebelle que les précédents, où La Femme rêve d'indépendance et d'égalité face à l'Homme : « Mais moi j'aimerais vraiment pouvoir abandonner mon moulinex, devenir unisexe, pour savoir cracher, fumer toute la journée ». "La Femme Ressort", morceau récupéré du même EP que Le Blues de Françoise et Sur la planche. Enfin, on s'exile en Amérique avec "Welcome America" "pour trouver cette Femme, pour trouver La Femme". Leur tournée en Amérique s'écoute ici.

Mélange de new wave et de surf pop à la française

Mélangeant New Wave, Surf Pop et références aux années Yéyé, La Femme signe ici un bon premier album sans jamais tomber dans le cliché. On y retrouve des influences de Kraftwerk et on peut même y voir du New order, parfois du Gainsbourg. La femme propose un album cohérent avec ce qu'ils proposaient déjà depuis quelques temps, bien que plus calme, méritant parfois d'être un peu plus bruyant.

Grand absent de cet album, Télégraphe, qui a su pourtant nous faire fredonner « Merci à vous, d'avoir tenté votre chance, pour vous la vie s'arrête là, vous ne pourrez aller plus loin ». Avec Psycho Tropical Berlin, La Femme prend les devants et s'affirme comme la tête d'affiche de la scène française pop.

Article écrit par David Lecaplain.

Par Konbini Staff, publié le 17/04/2013

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