Par Arthur Cios

Le producteur français revient avec, dans sa valise, un certain Peewee Longway.

Les tatouages sur les mains qui font gangster à l’ancienne, le survet blanc avec les trois bandes sur le côté, les crânes rasés pour certains, les cheveux plaqués en arrière, bombers et look de mafieux pour un autre. Ce clip pourrait se dérouler dans les années 1990, en ex-Yougoslavie après la disparition de l’URSS. Sauf qu’on est bien à Los Angeles, en 2018, avec du rap d’Atlanta et des basses qui tabassent.

Voilà ce que le nouveau clip de Brodinski nous offre. Illustrant l’excellent, par sa sobriété électronique, "Split", premier titre d’un nouvel EP à venir sur lequel Peewee Longway revient faire des siennes, cette vidéo est un joli coup de force signé Pavel Brenner. On y suit des gangsters soviétiques qui rackettent une petite boutique, avant que le conducteur se venge et les assassine grâce aux basses saturées de la production de Brodi. Le tout dans un LA désertique.

Jordan et Salim, de la boîte de prod derrière le bébé, nous racontent la naissance de ce dernier :

"Autour d’octobre/novembre, Kim Chapiron tournait un clip pour Brodi et il a demandé à Salim de l’aider à le produire. Il y est allé et a rencontré Brodi à Atlanta. Du coup, un peu après, Brodi a envoyé des tracks à Salim. On en a fait écouter à un de nos réals, Pavel Brenner. Il a eu une idée qu’on a adorée. On a eu une réu avec Brodi à LA, et c’était parti.

Pavel est un réalisateur qui vient de Russie, où il y a grandi dans les années 1980–1990. Il y avait une forte présence de gangsters, quelque chose qu’il avait et a toujours en tête. Le son le faisait penser à ça. Du coup, c’était important de faire une DA un peu sombre.

On a aussi réussi à imposer de la pellicule en 35 mm. Ça fait un peu un voyage dans le passé, avec un grain vraiment particulier. On savait ce que Brodi voulait, et ce qu'il aimait."

Tourné en janvier dernier à LA, sans Brodi (qui était quand même présent pendant tout le processus créatif), le clip présente au final un message d’espoir, qui dit que l’on peut toujours s’échapper de ce genre de quotidien. Plus qu’une vengeance, "on voit ça comme une échappatoire à une sensation de ras-le-bol", explique le duo, avant d’ajouter :

"C’est cette envie de s’en sortir à travers le son, au final, qu’on a montrée de façon visuelle et qui est retransmise dans la vidéo. "