Si vous êtes fan d’animation japonaise, voici les 5 livres que vous devez absolument lire

ジャポニスム2018

Porco Rosso. (© Studio Ghibli)

L’année 2018 marque le 160e anniversaire des relations diplomatiques entre la France et le Japon. Depuis juillet dernier, Paris célèbre cette amitié et met à l’honneur la créativité nipponne en proposant une centaine d’événements dédiés à la culture japonaise, réunis sous le nom de "Japonismes". En pleine rentrée littéraire, il semblerait que l’édition française ait elle aussi décidé de participer à la fête en saluant la virtuosité de l’animation japonaise. Voici notre sélection.

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L’œuvre de Hayao Miyazaki, le maître de l’animation japonaise de Gaël Berton (Third)

Quand on parle d’animation japonaise, un nom vient immédiatement en tête : Hayao Miyazaki. Dieu vivant dans son pays où un musée à Tokyo célèbre l’ensemble de son œuvre, il est aussi un cinéaste adulé sur la scène internationale, honoré d’un Lion d’Or à la Mostra de Venise et d’un Oscar honorifique pour l’ensemble de sa carrière. En onze longs-métrages fascinants et plus de trente ans de carrière, il a déployé un univers unique en son genre qui touche au plus profond de l’âme.

C’est sur cette vie de créateur insatiable et sur cette œuvre merveilleuse que Gaël Berton a voulu se pencher. Le fondateur, au début des années 2000, du site spécialisé sur la culture nippone Kanpaï, travaille depuis plus de vingt ans sur le sujet. L’œuvre de Miyazaki, il la découvre un soir de 1996. Alors même que Le Bossu de Notre-Dame parachève le règne de Walt Disney sur l’esprit des enfants de l’époque, Canal+ diffuse Porco Rosso, un des films de milieu de carrière du réalisateur japonais. Il est immédiatement frappé (qui ne l’a pas été) par le monde qui se déploie devant ses yeux.

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Parce que c’est d’abord ça le cinéma de Miyazaki, que ce soit un retour à l’état sauvage dans Princesse Mononoké (2000), un périple vers le monde des esprits dans Le Voyage de Chihiro (2001) ou une envolée féerique vers le mystérieux Château dans le ciel (2003 en France), chaque film est une expérience unique et indescriptible, un voyage qui vous demande de tout laisser derrière vous, sans vous retourner.

Envoûté, on suit au fil des pages les pas du maître Miyazaki. On y découvre l’influence de son père sur sa vision du monde, son admiration dévorante pour Osamu Tezuka, l’aventure du Studio Ghibli, l’évolution de son œuvre, ainsi que les combats qu’il a menés tout au long de sa vie. Plus surprenant aussi, on apprend la part sombre du génie et ses ambivalences.

Gaël Berton parvient à recréer l’espace d’un instant, la magie Miyazaki, ce mélange éblouissant de poésie, de mélancolie, et de cruauté. Un petit bijou.

Cowboy Bebop, Deep Space Blues de Rémi Lopez (Third)

Il y a 20 ans, Cowboy Bebop, l’œuvre culte du visionnaire Shinichiro Watanabe voyait le jour. Réalisée au sein des studios Sunrise auquel on doit notamment Nicky Larson (pas celui de Philippe Lacheau, je vous rassure) ou encore Gundam, cette œuvre est devenue en seulement 26 épisodes et un film, un exemple de la virtuosité de l’animation japonaise et une référence de la pop culture mondiale.

 

Rémi Lopez, journaliste spécialisé dans les jeux vidéo et dans le monde de l’animé, nous plonge avec passion dans cet univers fascinant. Nous sommes en 2071, à bord du vaisseau le Bebop. Le chasseur de prime Spike Spiegel sillonne l’espace en compagnie de son équipage : l’ami de toujours Jet Black, la sulfureuse voleuse Faye Valentine, la jeune hackeuse Edward et leur chien Ein. Chaque épisode est centré sur un contrat qu’ils cherchent à remplir pour toucher leur prime mais en toile de fond plane le passé de chaque personnage et d’anciens évènements qui vont leur compliquer la tâche.

Cowboy Bebop est un space opera incontournable qui combine une animation révolutionnaire, une bande originale absolument mythique et un humour noir décapant. La particularité de cette série réside dans son style fortement influencé par la culture cinématographique américaine, notamment le western et le polar et par un rythme unique calqué sur la musique jazz et le mouvement bebop des années 1950.

C’est tout ça que l’auteur parvient à rendre parfaitement dans ces presque 200 pages. À la fois hommage au visionnaire, guide détaillé de l’ensemble des épisodes de la série, et essai sur une œuvre devenue icône de la pop culture, on a de quoi embarquer quelques heures pour un inoubliable voyage intergalactique.

Three, two, one, let’s Jam !

100 films d’animation japonais par l’équipe D’AnimeLand (Ynnis)

Quoi de mieux qu’une bible pour fédérer tous les adeptes. C’est exactement ce à quoi ressemble le dernier ouvrage collectif d’Animeland, le site de référence du manga et de l’animation japonaise en France. En 100 films, cette équipe d’experts se propose de nous expliquer comment, depuis trente ans, l’animation japonaise a su s’imposer dans l’Hexagone loin des productions classiques de l’ami Walt Disney. Après Un siècle d’animation japonaise paru l’année dernière qui était plutôt un outil à l’usage des spécialistes, cet ouvrage se veut plus accessible. Une vidéothèque idéale indispensable aussi bien pour les novices souhaitant simplement découvrir quelques films selon leurs goûts que pour les experts qui se feront une joie de binge watcher les 100 films de la sélection.

La construction du livre est on ne peut plus simple et c’est tant mieux, chaque double page vous propose dans l’ordre chronologique un film à découvrir ou à redécouvrir. Quelques images, un résumé, des anecdotes et un avis court et utile, critique quand il faut… les auteurs ont privilégié la lisibilité et c’est une franche réussite, on se perd avec plaisir dans ce guide ultime des films animés japonais.

Du Serpent blanc de Taiji Yabushita qui fut en 1958 le premier long-métrage en couleur de l’histoire de l’animation japonaise à Miraï, ma petite sœur de Mamoru Hosoda qui sortira en décembre prochain, on se replonge avec un kiff monumental dans les chefs-d’œuvre de la création artistique nippone. On redécouvre fascinés les classiques du genre comme l’inégalable Akira de Katsuhiro Otomo (1988), le déchirant Tombeau des Lucioles d’Isao Takahata (1988) ou encore le bien bourrin Ghost in The Shell de Mamoru Oshii (1995). Mais le plus intéressant réside dans les trésors qu’on y déniche, les pépites à ne surtout pas manquer comme le thriller à couper le souffle Perfect Blue ou la bombe Your Name et ses 10 millions d’entrées, record au Japon.

L’hiver arrive et ça tombe bien. Jetez cet affreux Télé 7 jours, dites adieu à votre vie sociale et courez chercher le guide de la team AnimeLand.

Bonus : Akira Toriyama, Dragon Quest Illustrations (Mana Books)

Il fallait bien un livre pour célébrer le trentième anniversaire de la saga de jeux vidéo culte par excellence, Dragon Quest. Depuis les premiers titres mythiques de la fin des années 1980 sur la console NES jusqu’au XIe opus qui vient de sortir sur PS4, la création de Yuji Horii écrase tout sur son passage et réunit une communauté de fans parmi les plus fidèles.

Les éditions Mana Book leur offrent une récompense de choix, un livre exceptionnel réunissant plus de 500 illustrations réalisées par le maître Akira Toriyama qui, entre deux dessins pour Dragon Ball, a conçu entièrement l’univers graphique de ce jeux vidéo. En plus des jaquettes par ordre chronologique et des impressions haute qualité des illustrations originales, le livre regorge d’inédits jamais dévoilés jusque-là.

Et surtout, à ne pas manquer : une interview d’Akira Toriyama himself qui se confie sur l’univers Dragon Quest !

Bonus du Bonus : Hommage au Club Dorothée, 30e anniversaire par AnimeLand (Ynnis)

Parce qu’on n’a pas pu s’en empêcher, parce que le Club Dorothée a joué un rôle déterminant dans la diffusion de l’animation japonaise en France, et tout simplement parce que Dragon Ball, Saint Seiya, Ken le Survivant, Sailor Moon, Nicky Larson et j’en passe !

Par Leonard Desbrieres, publié le 08/10/2018

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