Beyoncé et Sony Music réclament 233 000 $ à un internaute

Beyoncé et Sony Music ont entrepris d'attaquer un Suédois de 47 ans. Sa faute ? Avoir partagé le dernier album de la chanteuse deux semaines avant sa sortie officielle. Le tarif  ? 233 000 $.

beyoncé

L'annonce a de quoi inquiéter quant au devenir d'un Internet libre. Un homme de 47 ans, résidant à Göteborg dans l'Ouest de la Suède, est menacé de poursuites judiciaires par la maison de disque et géant du digital Sony. Son larcin ? Avoir partagé avant la date officielle de sortie (deux semaines), le dernier album de la chanteuse Beyoncé 4. Le tarif pour un tel acte ? 233 000 $ pour les ventes réduites et le bouleversement de la stratégie marketing de la firme nippone autour de la sortie du disque.

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Internet à l'heure des poursuites : l'exemple de Beyoncé

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Bien que son identité reste inconnue, on suppose que l'intéressé travaillait dans l'industrie musicale pour qu'il puisse avoir accès à ce type de copies normalement gardé sous clefs. Le geste n'en est que plus insupportable.

Faire une liste exhaustive de l'ensemble des individus poursuivis de par le monde pour "piratage" ou "partage illégal de fichiers" n'est pas l'idée ici. Peu éclairant. Néanmoins cette histoire, au final comme beaucoup d'autres à l'heure des législations contraignantes sur l'internet (SOPA, PIPA, HADOPI etc.), est assez révélatrice de trois tendances :

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  1. L'attaque des individus d'abord plutôt que des entreprises collectives, pour cause de facilité et en raison d'une exigence de résultat.
  2. La volonté de faire des exemples ensuite.
  3. Le souhait d'une pénalisation plus importante des violations de droit d'auteur par le personnel politique enfin.

Ironie du sort

Le fait que ce fait divers se soit passé en Suède est d'une ironie délicieuse. Pays de the Pirate Bay, lieu de naissance du Parti Pirate et épicentre de l'activisme numérique, il semblerait qu'il soit en passe de devenir le lieu d'une répression importante contre ceux qui défendent une autre idée de l'internet.

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Pour autant des voix s'élèvent, pas tant sur l'infraction que sur la pénalisation et l'estimation des dommages. Marianne Levin, professeur de droit pénal à l'université de Stockholm commente :

Je pense d'abord que l'estimation des dommages dans ce type de situation n'a pas été faite de manière satisfaisante et la question est de savoir si cela pourra être bien fait un jour. [Quant à l'infraction] C'est bien évidemment une violation du droit d'auteur. Pour autant cela ne signifie pas qu'il faut avoir ce type de mesures punitives juste pour effrayer les gens

Récemment, Phoenix a aussi dû faire face à un leak, deux mois avant sa sortie, de son prochain album Bankrupt!. Thomas Mars, chanteur du groupe et interrogé par 20 minutes, a déclaré :

On est passés par plein d’émotions en même temps quand l’album a leaké [...] Il faut accepter qu’une fois l’album fait, ce soit incontrôlable après. Il y a un moment où ça nous échappe. Et là, ça nous a échappé plus tôt que d’habitude»,

Et pour  Laurent Brancowitz, guitariste de la formation, c'est une bonne manière de connaître en avant-première les premières impressions des internautes :

 On a une vision tellement floue de ce qu’on a produit ensuite, on ne sait pas du tout comment les gens vont percevoir ce disque. On s’est dit, “attends attends, il faut qu’on sache" [..]. J’ai vu souvent le reproche que l’album sonnait exactement comme avant et aussi le reproche opposé, que c’était trop différent. Mais on sent une excitation.

Affaire à suivre.

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Source : NME // TORRENT FREAK

Par Tomas Statius, publié le 06/03/2013

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