Beck : son nouvel album ne s'écoute pas, il se joue

Beck a dévoilé son dernier album le 6 décembre au Royaume-Uni et aux États-Unis en toute discrétion. Ce n'est pas une sortie ordinaire : le compositeur n'a pas mis de CD ou de MP3 à disposition de ses fans. Seulement des partitions.

Vous ne le savez peut-être pas, mais Beck est de retour avec une nouvelle galette, Song Reader. Et s'il y a très peu d'informations, aucun leak d'album et aucune possibilité d'acheter en avant-première les dernières compositions du californien, c'est parce qu'il y a une raison : Song Reader n'existe pas, il se joue. Kézako ?

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C'est par l'entremise d'un ouvrage, un coffret comportant toutes les partitions de chacune de ses chansons, que Beck a sorti son album. Des notes, des petites, des grandes, avec croches ou sans, le tout sur des portées. Et il faut savoir jouer avec plus ou moins d'intensité et de tempo. En somme, c'est à l'auditeur d'interpréter Beck.

Et comme il est si joliment dit sur le site Songreader.net :

Il n'y a que vous qui pouvez donner vie au Song Reader de Beck Hansen.

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Une explication sommaire

Dans la préface du coffret, Beck s'explique . Son idée remonte à 2004. Comme le rapporte Le Monde, le compositeur dit avoir été inspiré "en apprenant que la chanson Sweet Leilani [écrite par Harry Owens], dans l'interprétation de Bing Crosby, en 1937, devint tellement populaire que la partition fut vendue cette année-là à 54 millions d'exemplaires".

A l'époque, pas de MP3, d'ordinateurs, d'iPad : seulement des tournes-disques, dont le nombre est encore inférieur à celui des pianos ou des guitares. Pour les auditeurs, la seule façon d'écouter leurs artistes était de les jouer.

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On se retrouve ainsi en 2012 avec des anonymes et des amateurs de musique, qui s'essaient à l'interprétation musicale du dernier album de Beck Hansen.

Des interprétations riches

Chacun y va de son style, de sa guitare, de ses arrangements. Prenons par exemple la chanson Old Shangai. Avec Martin Ledin, elle est très calme, composée avec des petites ambiances façon pluie qui tombe. 

La formation Contramano, elle, a décidé de jouer la chanson d'une manière complètement différente. La guitare est toujours présente, mais des violons et une voix rythmée par des clap de mains donnent un résultat charmant.

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Enfin, Bryan Dalessandro a essayé de faire dans la sobriété. Un piano, pour une chanson brillamment interprétée. Pour Beck, c'est une réussite : le compositeur californien s'est effacé au profit de ses auditeurs les plus mélomanes. Et les "reprises", toutes uniques, apportent des couleurs différentes à chacune de ses partitions.

Par Louis Lepron, publié le 07/12/2012

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