Azealia Banks vend son âme à la mode dans Liquorice

L'attente fut insoutenable et pourtant jamais déception ne fut plus grande : Azealia Banks vient tout juste de lâcher son nouveau clip Liquorice sur VEVO soit un condensé sans queue ni tête d'éditos mode pour Vogue, tenant plus d'une promo luxe marketée à souhait que d'une réelle vidéo musicale, offrant un support visuel à la hauteur de la chanson d'origine. Et pour l'occasion, la chanteuse s'arme d'une brochette de modeux hipsters prêts à dégainer cuirs à foison et prises de vue à s'en décrocher la mâchoire. Avec Rankin à la réalisation et Nicola Formichetti au stylisme, on aurait pu franchement s'attendre à mieux, quand on sait que le premier a su allier une trame narrative cohérente à une esthétique visuelle originale (Robyn, Marina & The Diamonds), et que le deuxième a su redonner un coup de souffle à la sphère fashion à travers de nombreuses collections pour Mugler et photoshoots pour Vogue Japon, V Magazine et autres revues à l'esthétique léchée.

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Trop de mode tue-t-elle la mode? A en croire cette vidéo on peut réellement être amené à s'interroger quant à la pertinence du clip, tant cette vidéo semble au ras des pâquerettes. Alors oui, Azealia se veut mega bonnasse en Pétroleuse nouvelle génération parcourant le far west américain pour le fun puis se retrouvant à saluer les troupes ricaines en remuant du croupion en combo bikini/shorty aux couleurs du drapeau US. Mais doit-on pour autant sacrifier la fond pour la forme sous prétexte que la belle  a vu sa carrière faire un bond en avant grâce à ses diverses associations avec des stylistes  haute couture? Si des personnalités comme Lady Gaga ou Kanye West se sont distinguées par le biais de ce type de collaborations, ils avaient au moins eu le mérite de mettre maisons de créateurs au service d'une narration claire et logique. Certes tous les clips ne se veulent pas dotés d'une histoire, mais de là à considérer son public comme une enfilade de serial shoppeurs passifs au possible, on dit non et on assume.

Par Konbini, publié le 15/06/2012

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