Vous aimez une chanson ? Tout est dans le noyau accumbens

À quoi tient l'appréciation différenciée de la musique selon les individus ? Une équipe de chercheurs semblent pouvoir formuler une réponse claire à partir d'une étude qui va au plus profond du cerveau et de notre mémoire. 

noyau accumbens

C'est une étude dont les premières conclusions ont été émises en 2011. À cette époque, Valorie Salimpoor et son équipe de chercheurs de l'université McGill à Montréal formulaient une hypothèse qui semblent tomber sous le sens pour les mélomanes avertis mais dont la validité scientifique étonne : l'écoute de musique procurerait un plaisir comparable à un met délicieux ou au plaisir de la chair grâce à la libération de dopamine dans le cerveau.

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Dopamine dans ta tête

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Néanmoins, passée cette première constatation, les scientifiques peinaient à déterminer le mécanisme provoquant la délivrance de ce neurotransmetteur si particulier, et plus encore la réponse circonstanciée et différente selon les individus. Pourquoi le cerveau d'untel va-t-il sécréter de la dopamine à l'écoute d'un titre aux lourdes basses, alors que la préférence d'un autre (et donc sa concrétisation chimique) ira vers une jolie balade ?

Pour élucider ce mystère qui semblait se nicher au fin fond de notre cerveau, les chercheurs ont mis sur pied un protocole visant à identifier le siège de notre "satisfaction" musicale mais également le mécanisme de quelque stimulus musicaux que ce soit. Pour ce faire : un échantillon de 20 personnes, une interface similaire à la plateforme iTunes pour des écoutes d'extraits musicaux.

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Le processus se centre autour du sentiment de satisfaction mais aussi des rétributions qu'engrangent pareil sentiment : à la suite de l'écoute, les individus avaient la possibilité d'acheter la chanson pour 99 c, 1,29 ou 2$. Pendant l'écoute, des capteurs permettaient d'entrevoir ce qui se "passait" dans leur tête.

Tout est dans le noyau accumbens, ou presque

Selon les cas, la "satisfaction" et la promesse de pareil achat, les réponses moléculaire diffèrent et laissent entrevoir l'action primordiale du noyau accumbens, zone du cerveau qui semble être le siège de notre satisfaction musicale. Pour les réponses différentes selon les individus, l'équipe propose également une hypothèse dont la validité scientifique reste encore en débat.

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Selon Valorie Salimpoor, la différence proviendrait d'une autre zone du cerveau, le gyrus temporal supérieur, lieu de "stockage" de la mémoire musicale de tout-à-chacun, sorte de banque de données conservant les traces, la teneur, et la satisfaction d'écoutes passées. Ce serait à partir de cette base que notre écoute serait conditionnée. C'est à partir d'elle que la réponse moléculaire serait engagée.

Pour Sophie Scott, neuroscientifique à l'University College de Londres, les conclusions de l'étude si elles sont probantes à propos de la teneur "chimique" de l'appréciation musicale, ne sauraient être surinterprétées.

Elle commente :

Je ne pense que l'on écoute la musique d'une seule manière, tout comme nous ne lisons pas des livres ou de la poésie unilatéralement. Une des raisons de l'appréciation différente que nous avons de la musique est parce que nous la percevons différemment : aimer la musique à cause de son rythme ou du chanteur. Il y a tant de facteurs possibles.

Source : The Guardian

Par Tomas Statius, publié le 16/04/2013

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