Aleph, la techno violente de Gesaffelstein

Le premier opus du prince noir de l’électro française Gesaffelstein, Aleph, est disponible depuis ce lundi. Sombre, violent et explosif, il marque un choix assumé pour des sonorités techno, héritières des années 80 et 90, à contre-courant des vagues trans, dubstep et French Touch. Décryptage, après une première écoute, à chaud.

Gesaffelstein

Aleph, la techno violente de Gesaffelstein

Cela faisait déjà un petit moment que l’on attendait ce premier album de la part de celui que Géraldine Sarratia surnommait « le nouveau prince de la techno française » dans Les Inrocks. Un maxi en 2008, un EP Variations en 2010, quelques remix efficaces (Cassius, Moby, Lana del Rey, Justice ou Laurent Garnier) et le voilà enfin avec Aleph, signé chez Bromance Records, le label de Brodinski : un 14 titres bien ficelé, qui prend le parti de rompre avec la scène électro actuelle.

Publicité

Techno dark

Publicité

Avec deux clips - "Hate or Glory" et "Pursuit" - diffusés au printemps 2013, on avait déjà eu un petit aperçu du rendu de l’album : techno, avec des basses très appuyées, limites brutales et un son très 1990’s. Une chose est sûre : ce petit avant-goût était à l’image de l’album de Gesaffelstein, dans son ensemble d’une grande cohérence. D’une violence peu ordinaire, la techno dark du lyonnais est taillée dans l’acier et en impose.

Tantôt lunaire avec "Nameless" et "Piece of Future", tantôt ésotérique avec "Aleph" ou même hardcore avec "Pursuit", le disque reproduit l’ambiance musicale et l’atmosphère recherchées par Mike Levy alias Gesaffelstein : noires, synthétiques et oppressantes. On titube sur "Pursuit" encore et encore, "Values" et "Wall of Memories", lancinantes, nous mettent sous hypnose, "Obsession" rend fou furieux, sans irriter comme "Hellifornia".

Publicité

On sent se dégager, au travers des 14 morceaux qui constituent Aleph, une véritable identité sonore matérialisée par un usage de techniques propres (un mélange de digital et d’analogique) et un jeu sur les silences. Côté influences, il faut aller puiser dans les années 1970-80 du punk à la new wave, en passant par les premiers tenants de l’électro : Kraftwerk ("Computer Liebe", "Music non stop", "Electric café").

Bref, un premier album qui explore des possibilités nouvelles sans non plus tomber dans la redite permanente.

Par Florian Bardou, publié le 29/10/2013

Copié

Pour vous :