Ai Weiwei se met au heavy metal

Sur la route de la créativité débordante et de l'inspiration sans borne, Ai Weiwei, célèbre artiste dissident chinois a trouvé un nouvel oasis. Plasticien, peintre, il se fait à présent musicien pour un album couleur heavy metal à paraître. 

Ai Weiwei

Pour être honnête, j'ai toujours eu beaucoup de respect pour Ai Weiwei. Son combat sans repos, sa résistance à l'infame répression dont il est la cible. Surtout quand elle se parre d'habits respectables d'un simple redressement fiscal (l'artiste est en effet assigné à résidence en raison d'une soi-disant de fraude à l'impôt).

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Son oeuvre prend tout son sens dans ce contexte fait de larmes et de souffrances. Une oeuvre contestataire, mettant constamment face à ses contradictions le mécanisme du régime chinois.

Néanmoins, soyons franc, j'ai toujours mal pris son besoin (nécessaire on le comprend bien) vital de communiquer, d'occuper l'espace coûte que coûte et ce pour continuer d'exister, d'avoir une voix politique, et d'espérer un jour, peut-être avoir gain de cause face à la machine étatique. Des gesticulations me semblait-il. Mais les choses sont peut être plus compliquées.

Ai Weiwei : une esthétique de la contestation

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Après avoir donné sa version de Gangnam Style de Psy et trainé avec Elton John, l'artiste chinois s'apprêterait à sortir un album de heavy metal avec l'aide notamment de Zuoxiao Zuzhou, musicien, ami et interrogé en 2011 lors de la détention d'Ai Weiwei. Novice en la matière et très enclin à apprendre, il écrit et chante, lui qui de son propres aveu "n'a jamais vraiment écouté de musique".

A propos de cette épiphanie musicale, Ai Weiwei en dit plus :

Pendant ma détention, les gardes n'avaient de cesse de me demander de chanter une chanson. J'étais si triste de ne pouvoir chanter que des chants révolutionnaires (...) Après être sorti, j'ai réalisé que je n'avais jamais vraiment écouté de musique ou chanté. J'ai donc décidé de faire un album

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Outre la volonté, probable, d'exorciser ses 81 jours de détention au cours desquels il a été enfermé dans les geôles des services secrets chinois, le propos de l'oeuvre est également orienté vers une satyre de la société chinoise. Une poursuite au final sous une autre forme de l'oeuvre de sa vie.

L'album n'a pas pour l'instant de date de sortie mais on en sait un peu plus qu'à l'accoutumée à ce stade d'achèvement d'un disque. Il y aura neuf pistes. L'ambiance musicale ira de la pop au heavy metal en passant par le punk. Ai Weiwei s'occupe de la pochette et la sortie de l'album donnera lieu à un vidéo. Enfin un second opus est en route. Des chansons d'amour dit-il, dans le goût de ce que fait son ami Elton.

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Source : The Guardian

Par Tomas Statius, publié le 12/03/2013

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