À Hollywood, on ne parle plus que de Tahar Rahim

L’acteur français d’origine algérienne est considéré comme le "nouvel Al Pacino français" par les critiques américains. Un jolie success story se dessine pour le gamin de Belfort qui ne pouvait pas se payer ses places de ciné.

Tahar Rahim est Ali Soufan dans The Looming Tower. (© Amazon Prime Video)

Un article de Courrier International met en lumière la réputation de Tahar Rahim aux États-Unis. L’acteur français d’origine algérienne qui a été révélé dans Un Prophète de Jacques Audiard, avant de s’exporter, pour son plus grand plaisir, à l’international avec des films comme L’Aigle de la neuvième légion, Love and Bruises, Or noir…

Son appétit de conquête l’a récemment conduit à décrocher deux rôles aux États-Unis. Le premier, dans The Looming Tower, une série diffusée par Amazon Prime Vidéo en France, où il prête ses traits à Ali Soufan, un agent du FBI de confession musulmane devenu un héros national pour avoir traqué Al-Qaïda avant et après le 11-Septembre. Le second est un long-métrage du réalisateur de Lion, Garth Davis, qui retrace la vie de Marie-Madeleine. Ce dernier joue le traître Judas.

Grâce à ces deux opportunités, le comédien est en train de se dévoiler à Hollywood… qui semble très réceptif à son jeu. Le magazine Rolling Stone est d’ailleurs tombé sous le charme de Tahar Rahim et lui a consacré un très beau papier.

Le nouvel Al Pacino français

(YouTube)

Tahar Rahim a également expliqué au journaliste qu’il avait refusé beaucoup d’avances de la part des Américains, qui le guettent depuis ses deux César pour Un Prophète, en Meilleur espoir masculin et Meilleur acteur. Ce sera d’ailleurs la seule et unique fois que cette double récompense sera attribuée. Il explique, comme le reprend Courrier International, qu’il a accepté ce rôle parce qu’il le trouvait rare :

"Corrigez-moi si je me trompe, mais c’est bien l’une des rares fois qu’une série télé américaine a pour héros un personnage d’origine arabe, n’est-ce pas ? Sur le tournage, j’ai échangé avec pas mal d’acteurs originaires du Moyen-Orient et beaucoup m’ont pris à part : 'On est tellement contents que tu aies ce rôle ! On se retrouve toujours tous à jouer la même chose – et jamais ça, jamais le premier rôle. Tu n’as pas idée de ce que ça représente.' Ça m’a fait comprendre quelque chose, vous voyez : si je travaillais en permanence ici aux États-Unis, moi non plus je ne décrocherais sans doute pas ces rôles intéressants.”

Il est vrai qu’aux États-Unis et même à l’internationale, les Français d’origine arabe ne rayonnent pas vraiment. On pense à Reda Kateb qui a joué un chauffeur de taxi dans le film de Ryan Gosling, Lost River ou un terroriste dans Zero Dark Thirty. On pense aussi à Slimane Dazi – et son rôle de cafetier tangérois dans Only Lovers Left Alive –, qui n’a pas l’exposition qu’il mérite.

(Reda Kateb et Tahar Rahim dans Un Prophète. © UGC)

Tahar Rahim semble donc avoir une sacrée carte à jouer avec cette trajectoire toute neuve sur les grands boulevards d’Hollywood. Il pourrait aussi devenir un symbole très encourageant. Son parcours semble en effet prendre les airs d’une jolie success story, pour ce gamin de Belfort qui fraudait constamment dans les salles de cinéma. Pour couronner le tout, Rolling Stone n’a pas peur de le comparer au "nouvel Al Pacino français” , une personnalité qu’adorait l’acteur, comme il nous l’avait confié lorsque nous l’avions rencontré pour Le Prix du succès.

Par Lucille Bion, publié le 14/03/2018