3 raisons d'aller voir Nous trois ou rien de Kheiron

Ce mercredi 4 novembre marque la sortie du premier film de Kheiron, Nous trois ou rien. On vous dit pourquoi il faut absolument aller le voir. 

Kheiron a-t-il réussi son passage derrière la caméra ? La réponse est oui. L'humoriste, acteur, rappeur et désormais réalisateur a raconté l'histoire de ses parents dans Nous trois ou rien et on ne peut qu'applaudir le résultat à la fois drôle et touchant. Si vous hésitez encore à aller le voir, voilà pourquoi vous ne serez pas déçus de sauter le pas.

1. Un dosage parfait entre humour et émotion

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L'un des atouts principaux de Nous trois ou rien est son humour. L'écriture de Kheiron se ressent dans les nombreuses situations comiques qui parsèment le film : la rencontre entre Hibat (Kheiron) et les parents de Fereshteh (Leïla Bekhti) – interprétés avec brio par Gérard Darmon et Zabou Breitman, les scènes hilarantes au centre où travaille Fereshteh, les répliques des "rappeurs" un peu paumés d'une cité parisienne... Le fou rire n'est jamais loin.

Mais le film n'est pas catégorisé "Comédie dramatique" pour rien. L'histoire des parents de Kheiron n'a rien de comique au départ. N'étant plus en sécurité dans leur pays natal, Hibat et Fereshteh ont quitté l'Iran lorsque Kheiron avait moins d'un an. Après un périple passant par les montagnes et la Turquie, ils arrivent enfin en France où ils s'installent en banlieue parisienne. Les moments de doute, de fatigue et de peur sont parfaitement retranscrits et les larmes se mêlent bien souvent au rire.

Le résultat est donc un mélange parfait entre humour et émotion – mélange qui s'est fait à l'instinct selon Kheiron, où le spectateur est sans cesse sollicité pour prendre part à la vie de ces héros des temps modernes.

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2. Une réalité non-censurée

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Comme nous le disions plus haut, l'histoire d'Hibat et Fereshteh n'est pas comique. Pour la raconter, Kheiron n'a pas hésité à montrer la réalité de leur quotidien dans les années 70 à Téhéran lorsque le Shah d'Iran était au pouvoir. Pour avoir osé se révolter avec certains de ses amis, n'acceptant pas l'injustice du régime en place, Hibat passe alors sept années de sa vie en prison. Durant cette période, il est battu à maintes reprises et humilié. Cette torture est visible dans le film tout comme la traque que subissent plus tard Hibat et sa famille : les contrôles aux frontières, les assauts dans les appartements, les affiches placardées dans les rues...

Le personnage du Chah d'Iran, interprété par Alexandre Astier, devient un bouffon devant la caméra de Kheiron. En le figurant de cette manière – qui surprend au premier abord, on comprend l'absurdité de son comportement et l'indifférence totale qu'il manifeste pour son peuple qui continue de crier son mécontentement dans les rues.

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Lorsqu'il chute enfin, ses remplaçants ne sont pas plus compréhensifs, au contraire. C'est ce qu'a voulu également montrer Kheiron : 

En Iran il y avait deux ennemis à montrer : le Chah et les islamistes. Le Chah a supprimé la liberté d’expression mais pas les libertés individuelles. Les femmes pouvaient porter des jupes, les hommes s’habillaient comme ils voulaient. L’Iran était proche des États-Unis, c’était un pilier du continent à ce moment-là.

Quand les islamistes sont arrivés, ils ont en plus supprimé les libertés individuelles. Il fallait créer un décalage entre le roi fou et moderne qu’était le Chah et les islamistes.

3. Un véritable conte qui redonne foi en l'humanité

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Kheiron a voulu faire de la vie de ses parents un conte et il a réussi son pari. La "morale" qu'il véhicule est pleine d'espoir et de tolérance. Si cela peut paraître un peu trop mélodramatique sur les bords, il n'en est rien. Les parents de Kheiron se sont battus pour arriver à être acceptés en France. Ils ont rencontré des gens qui leur ont permis de construire une vie avec leur fils. Ce soutien et cette aide qu'ils ont reçus, ils les ont rendus aux habitants de leur quartier et plus particulièrement aux jeunes, qui n'arrivaient pas tous à trouver une place.

Après être ressorti du cinéma, on a simplement envie de croire que l'humanité n'est pas si tordue et que de belles histoires comme celle-ci, dures et positives à la fois, devraient être portées plus souvent à l'écran. Alors Kheiron, on vous dit bravo et merci.

À lire -> Kheiron : “Mes parents sont des êtres surhumains”

Par Fanny Hubert, publié le 03/11/2015

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