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Victoire pour les Sioux de Standing Rock : le pipeline ne passera pas

Publié le

par Clotilde Alfsen

Urban Native Era (Twitter)

Les opposants à la construction du Dakota Access Pipeline (DAPL) viennent d'obtenir une grande victoire : l'armée américaine, propriétaire d'un terrain devant être traversé par l'oléoduc hautement controversé, a décidé de suspendre son autorisation des travaux. Un tracé alternatif va être étudié. 

(© Urban Native Era, via Twitter)

Alors que la veille les centaines de manifestants contre le projet de pipeline étaient une nouvelle fois menacés d'éviction, aujourd'hui ils célèbrent leur victoire. Le corps des ingénieurs de l'armée américaine, propriétaire de terrains devant être traversés par le Dakota Access Pipeline (DAPL), a annoncé dimanche 4 décembre qu'il refusait de fournir un permis de construire sur cette zone. Le tracé de l'oléoduc devra donc être revu. C'est un coup dur pour Energy Transfer Partners, l'entreprise qui mène depuis des années la construction de cet oléoduc géant (1 885 kilomètres de long) qui devait passer sous le lac Oahe (situé sur le fleuve Missouri) et la réserve de Standing Rock.

Et pourtant rien n'était joué. L'armée avait annoncé ce week-end que le 5 décembre l'ensemble des manifestants devaient avoir disparu des lieux. L'accès au camp d'Oceti Sakowin, où des centaines de personnes se sont installées depuis des semaines dans le froid (il fait entre 0°C et -5°C), devait être fermé pour des raisons de sécurité. Les manifestants quitteront peut-être les lieux d'ici ce soir, mais au moins ils auront obtenu satisfaction : pour l'instant, l'heure est à la fête.

Un projet plus que controversé

Les manifestations contre le pipeline n'ont cessé de grossir depuis le mois d'avril. À partir de jeudi dernier, des vétérans ont d'ailleurs progressivement rejoint les rangs des opposants. Selon ABC News, ils étaient au moins 2 000 ce week-end pour protéger les personnes du camp d'Oceti Sakowin contre des forces de l'ordre de plus en plus agressives. La répression policière et la détermination des manifestants ont retenu l'attention internationale ces derniers mois.

"Cela fait des siècles que les Natifs Américains se font spolier. C'est maintenant qu'il faut changer ça".

Ce chantier à 3,8 milliards de dollars  (3,6 milliards d'euros) doit aboutir à la création d'un immense pipeline qui traversera quatre États, afin de transporter du pétrole des grandes plaines du Dakota du Nord à l'Illinois. Le projet est déjà fini à 80 %, mais la zone tant contestée sera finalement détournée.

Depuis le début des manifestations, le projet est de moins en moins soutenu aux États-Unis et dans le reste du monde. Deux gros investisseurs norvégiens (la plus grande banque norvégienne DNB et Odin Fund Management) ont notamment abandonné le projet et revendu leurs parts, pour des raisons d'éthique.

Victoire pour les manifestants, défaite pour Donald Trump

Depuis l'annonce de la victoire, grands feux, danses, chants et toutes sortes de célébrations ont pu être observés sur place, les manifestants amérindiens et les militants écolo fêtant joyeusement le succès de leur mobilisation.

"La première annonce de la victoire des opposants au DAPL a été faite devant le feu sacré du camp d'Oceti Sakowin. Voilà ce à quoi ressemblait les premiers moments."

C'est aussi une belle défaite pour Donald Trump, prochain président des États-Unis, qui a toujours soutenu le projet et qui entretient des liens étroits avec Energy Transfer Partner et Phillips 66 (les deux principales compagnies derrière le DAPL).

Dans une tribune publiée par le Guardian  le 29 novembre, Bruce Parry, documentariste et défenseur des droits des Amérindiens, établit un lien entre le fait de rendre justice aux populations indigènes en leur redonnant des droits sur leurs terres et la préservation de l'environnement. L'auteur évoque ainsi la préservation de la forêt amazonienne par des tribus au Brésil, qui jouent dans certaines zones un rôle central dans la lutte contre la déforestation. La comparaison avec le DAPL semble évidente. L'oléoduc géant menaçait les sources d'eau potable et le patrimoine culturel des Sioux de la région – préserver leur mode de vie revenant ici à protéger l'environnement.

En attendant, l'armée américaine a confirmé sa décision sur son site. Des études d'impact sur l'environnement vont être lancées pour établir quelle route affectera le moins l'environnement. Affaire à suivre.

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