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Trois destinations de vacances dépaysantes où parler français loin de la France

Publié le

par Marie Houssiaux

(© Flickr/Michael McCarthy)

Dans sa quête de dépaysement, le voyageur francophone oublie parfois que la pratique d’une langue étrangère n’est pas un bagage indispensable pour qui veut partir au bout du monde. 29 États reconnaissent en effet le français dans leur constitution, et on estime à 274 millions le nombre de personnes qui le parlent à travers la planète. Voici trois idées de destinations pour partir de France sans emmener de dictionnaire bilingue (ou presque).

Évidemment, parler une autre langue que la sienne participe au charme des voyages. Mais converser en français très loin de l’Hexagone n’en demeure pas moins une expérience sympathique. Pouvoir échanger plus que des banalités d’usage avec ses hôtes ou ses compagnons de route rend les conversations souvent plus intéressantes encore, et ne pas avoir à se concentrer pour trouver ses mots permet de se concentrer sur d’autres aspects du voyage. Un plaisir d’autant plus accessible qu’une étude publiée en 2016 fait du français la 3e langue la plus parlée au monde.

#1. Le pays cajun, un petit bout d'"Amérique française"

Peuplé de nombreux descendants de colons venus de France, du Canada, des Caraïbes et d’Afrique, mais aussi de descendants d’exilés acadiens déportés par les Britanniques dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, l’État américain de la Louisiane compte aujourd’hui près de 150 000 francophones. La plupart vit en pays cajun, c’est-à-dire la Louisiane d’influence française, où vous trouverez largement de quoi occuper votre séjour : la ville de Lafayette, gourmande et festive, idéalement située entre forêts et prairies, l’Acadian Village et VermilionVille, qui reconstituent des villages acadiens et transportent les visiteurs au milieu du XIXe siècle, les Bayous, ces petits cours d’eau à la faune et à la flore caractéristiques sur lesquels une croisière vous permettra de vous immerger dans la forêt et d’observer tour à tour alligators, tortues, ratons laveurs et oiseaux multiples, ou encore l’itinéraire thématique du Creole Nature Trail, pour parcourir le sud-ouest de la Louisiane à la découverte de sa riche nature.

(© Flickr/Michael McCarthy)

Création d’une agence gouvernementale destinée à promouvoir le français, affichage routier bilingue autorisé, écoles d’immersion française : après un important déclin, le français a connu une récente résurgence en Louisiane. Une grande victoire pour toute une nouvelle génération de francophones, qui ignorent peut-être qu’en vertu de la Constitution de l’État adoptée en 1921, le français a été interdit dans les écoles louisianaises pendant un demi-siècle ! Mais si la langue de Molière refait peu à peu son apparition, mieux vaut tout de même avoir quelques mots d’anglais en poche avant d’arpenter la Louisiane francophone aujourd’hui : en réalité, on y parle français dans moins d’un foyer sur 10. Qu’importe ! Ne quittez pas cette région délicieuse avant d’avoir fait la connaissance de la communauté francophone de Saint-Martinville, rencontré les Indiens Houmas, qui parlent eux aussi le français, visité l’usine qui fabrique le célèbre Tabasco et dégusté tout ce que la culture cajun compte de spécialités culinaires, dont le gombo, ragoût traditionnel, le jambalaya, plat de viandes à base de riz, les écrevisses ou encore le bread pudding créole. Miam !

La Louisiana Bed & Breafkast Association propose plusieurs hébergements tenus par des familles francophones.

#2. Le Nouveau-Brunswick, province canadienne bilingue

Moins connue des Français que le Québec, et au moins vingt fois plus petite, la province canadienne du Nouveau-Brunswick a pourtant bien des atouts à faire valoir. Au sein de l’Organisation internationale de la Francophonie, ce territoire qui compte près d’un tiers de locuteurs de langue française fait partie des "états fédérés ou territoires autonomes ayant le français comme langue officielle ou co-officielle", au même titre que Pondichéry en Inde, le Val d’Aoste en Italie ou la fédération Wallonie-Bruxelles en Belgique. Les francophones du Nouveau-Brunswick se concentrent essentiellement dans le nord et l’est de la province, notamment en Acadie, où les prétextes au tourisme sont nombreux. Fière et forte de ses traditions, de sa musique et de sa cuisine, cette région à l’hospitalité légendaire est une destination très sympathique où l’on trouve à la fois d’immenses forêts, une campagne ravissante et un littoral ponctué de jolis villages côtiers et de plages de sable dont certaines baignent dans l’eau salée la plus chaude du Canada !

Le Nouveau-Brunswick, seule province canadienne à être officiellement bilingue, possède en tout plus d’une cinquantaine de plages que ces eaux tièdes rendent particulièrement propices à la baignade. Sa côte est réputée pour l’observation de baleines, notamment dans la baie de Fundy. Royaume des marées géantes, le littoral de la baie est aussi l’endroit parfait pour pratiquer la randonnée, faire du vélo ou essayer le kayak de mer. La région se prête également à d’autres activités aquatiques, dans ses cours d’eau souvent poissonneux où l’on peut aussi bien pêcher paisiblement que descendre des rapides à toute vitesse. On ne quitte pas le Nouveau-Brunswick sans avoir fait le tour de ses villes, depuis l’élégante capitale provinciale de Fredericton, le port de Saint John ou Dieppe et Moncton, toutes deux appréciées des adeptes du shopping (que l’on appelle ici "magasinage").

Le site officiel du tourisme au Nouveau-Brunswick permet de faire le plein d’informations utiles sur la province.

#3. Le Vanuatu, des îles aussi paradisiaques que lointaines

Billets d’avion coûteux, escales nombreuses et voyage de plus de 30 heures : il ne faut compter ni son argent ni son temps pour avoir la chance de découvrir l’archipel du Vanuatu, dans le sud-ouest de l’océan Pacifique. Des efforts qui sont toutefois récompensés après quelques heures passées sur place, tant cette destination est belle et accueillante. Administré conjointement par la France et le Royaume-Uni jusqu’à son indépendance en 1980, le Vanuatu a la particularité d’être le pays qui possède la plus forte densité linguistique au monde. Il compte plus d’une centaine de langues indigènes et 3 langues officielles : le bichelamar, l’anglais et le français, parlé par environ 40 % de la population locale. Voilà qui suffit aux francophones invétérés pour communiquer sur place et profiter pleinement des nombreux atouts de ces îles de rêve. Le Vanuatu est notamment célèbre pour la beauté de ses fonds marins, où cohabitent des centaines de variétés de coraux et de poissons. La plus grande île de l’archipel, Espiritu Santo, est d’ailleurs un spot de plongée mondialement connu où une simple session snorkeling réserve de formidables découvertes. De manière générale, le Vanuatu se prête idéalement aux activités de plein air comme la randonnée, le kayak, la voile ou l’équitation.

L’archipel abrite également une flore d’exception, dont beaucoup d’espèces impossibles à observer ailleurs et des végétaux indissociables des îles du Pacifique, comme le palétuvier, l’hibiscus, les manguiers ou les orchidées sauvages. Le Vanuatu compte aussi plusieurs volcans en activité, concentrés sur l’île de Tanna. Les restaurants et boutiques de la capitale, Port-Vila, qui se trouve sur l’île principale d’Éfaté, permettent de découvrir deux des trésors qui font la fierté des Vanuatans : la gastronomie locale, aux influences tour à tour océaniennes, européennes et asiatiques, et ses spécialités réputées comme le bœuf, le poivre, la vanille ou encore le café de Tanna, mais aussi l’artisanat avec le travail du bois, de la terre cuite et des végétaux.

Le site du magazine Géo donne quelques conseils et informations pratiques sur le Vanuatu, ses principales caractéristiques et ses sites touristiques incontournables.

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