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Superman, la pilule d'ecstasy qui tue

Publié le

par Tomas Statius

L'Institut Scientifique de la Santé Publique belge (ou WIV-ISP) a publié le 31 janvier un communiqué de presse portant sur les effets mortels de l'ecstasy Superman. Un petit cachet rose qui a tué quatre personnes en Angleterre le mois dernier et qui avait été déjà mis en cause lors d'un décès suspect au festival de Dour 2014.

Ecstasy Superman. (<a href="https://www.wmshello.com/world/fourth-death-linked-potentially-fatal-superman-ecstasy-batch/" target="_blank">Crédit Image</a>)

Au festival de Dour (Belgique), après le décès d'un jeune homme de 25 ans, elle était sur toutes les lèvres. L'ecstasy Superman est aujourd'hui le sujet d'une mise en garde en provenance de l'Institut Scientifique de la Santé Publique belge, comme le rapporte ce matin le site internet de l'hebdomadaire L'Express.

L'article rappelle que la publication du texte fait suite à la mort de quatre jeunes hommes au Royaume-Uni le mois dernier, dont trois dans la nuit de la Saint-Sylvestre comme l'explique le quotidien britannique The Guardian. Les Pays-Bas et l'Espagne ont également tiré la sonnette d'alarme à propos de ce petit cachet rose.

Toxicité forte qui peut entraîner la mort

Comme l'explique le communiqué de presse que l'on peut retrouver par ici, la toxicité de l'ecstasy Superman – qui tire son nom du célèbre sigle en forme de "S" gravé à sa surface – est due à la forte présence de PMMA (para-méthoxyméthamphétamine), une molécule dix fois plus forte que la MDMA.

Comme le rappelle le psychiatre et neuro-pharmacologue David Nutt dans un article du Guardian, la PMA ou PMMA  a été synthétisée dans les années 1950. Utilisée d'abord pour "améliorer l'humeur" des patients selon les propres termes du professeur à l'Imperial College de Londres, son utilisation a rapidement été interdite. En cause, son action inhibitrice au niveau de l'activité cérébrale, explique-t-il dans un lettre ouverte parue sur le site internet du quotidien :

Le problème majeur est que la substance bloque l'action des enzymes du cerveau qui compensent les effets de la libération de sérotonine et de dopamine.

Conséquence ? La "syndrome de la sérotonine" (hausse de la température, accélération du rythme cardiaque), qui peut se solder par la mort du patient.

Un appel à stopper la consommation

La dangerosité du produit proviendrait enfin du temps qu'il met à agir. Ce délai – plus important que la normale – pousserait certains consommateurs à prendre plusieurs cachets et donc augmenter les risques d'une surdose, dont les effets physiques sont catastrophiques.

La confusion, selon les autorités, provient enfin de la ressemblance du profit avec une autre version, non létale celle-ci, composée en grande partie de MDMA, le principe actif "classique" de l'ecstasy.

Dans le doute, l'Institut belge en appelle à la prudence des consommateurs et suggère à certains de mettre la pédale douce sur l'ecsta' en ces temps troubles. L'agence s'adresse particulièrement au milieu de la nuit, où la substance ciruclerait particulièrement en ce moment.

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