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En toute logique, Trump choisit un climatosceptique pour l'Agence de l'environnement

Publié le

par Clotilde Alfsen

Scott Pruitt nommé à la tête de l’Agence de Protection de l’Environnement

Fidèle à ses positions sur le réchauffement climatique, Donald Trump désigne un défenseur des énergies fossiles à la tête de l'Agence américaine de protection de l'environnement : Scott Pruitt. 

(© Gage Skidmore/Flickr/CC)

L'Agence américaine de protection de l'environnement (plus connue sous le sigle d'EPA) a été créée en 1970 pour protéger la nature et la santé des citoyens américains. Pendant sa campagne, Donald Trump menaçait de la supprimer. Aujourd'hui, il décide de la préserver mais de mettre à sa tête Scott Pruitt, un climatosceptique acharné qui a longuement lutté contre l'existence de l'agence. Un choix contradictoire qui orientera l'institution dans une nouvelle direction : ménager les intérêts du puissant lobby du pétrole.

Pourtant, Donald Trump semblait s'être assagi ces derniers temps. Il avait ainsi récemment reconnu auprès de journalistes du New York Times que le changement climatique avait peut-être un lien avec l'activité humaine. Cette semaine, sous les conseils de sa fille Ivanka, le milliardaire avait même invité Al Gore, l'ancien vice-président et prix Nobel de la paix, dans sa tour personnelle à Manhattan, pour une discussion en tête-à-tête. Le futur président avait alors réveillé les espoirs de quelques défenseurs de l'environnement. Cependant, quelques jours plus tard, l'annonce de la nomination de Scott Pruitt sonne comme une claque. Un message clair vis-à-vis de son électorat comme de ses opposants : le réchauffement climatique ne sera pas le combat du prochain président des États-Unis.

À moins d'une reconversion subite, Scott Pruitt est loin d'être un écolo. Le Monde rappelle que l'Oklahoma, dont il était ministre de la justice, tire 50 % de ses revenus de l'exploitation pétrolière et que Scott Pruitt a été réélu procureur général de l'État grâce au soutien – non dissimulé – de Harold Hamm, le PDG de Continental Resources. Ce même Harold Hamm est d'ailleurs aujourd'hui le conseiller pour les questions énergétiques de Donald Trump.

Guerre contre le climat

Cette nomination confirme les positions du prochain président des États-Unis, qui nie la réalité du changement climatique et qui souhaite se retirer de l'Accord de Paris. Scott Pruitt a été l'architecte de la bataille juridique contre la politique de lutte contre le réchauffement climatique menée par Obama – notamment au sujet du Clean Power Plan, qui vise à réduire le rôle des énergies fossiles dans la production d'électricité. Un effort précédemment qualifié de "guerre contre le charbon" par Donald Trump.

Une telle nomination pourra faciliter le travail des producteurs d'énergie et des industriels : les contraintes liées à la protection de l'environnement devraient ainsi être vite oubliées. La nomination doit cependant être confirmée par le Sénat. Charles Schumer, le futur leader de la minorité démocrate au Sénat, a prévenu que le processus ne sera pas évident pour l'ensemble des parlementaires :

"Sa réticence à accepter les faits ou la science sur le changement climatique ne pouvait le rendre plus déconnecté du peuple américain et de la réalité."

Bernie Sanders, ex-candidat à l'investiture démocrate et sénateur du Vermont, siège à la commission qui doit valider la nomination de Scott Pruitt : il a affirmé qu'il s'y opposera formellement.

"Le candidat de Trump pour diriger l'EPA, Scott Pruitt, est un climatosceptique très proche de l'industrie du pétrole. C'est triste et dangereux."

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