Unbreakable Project : des victimes brandissent les mots de leur violeur

Unbreakable Project ? Un projet qui laisse des victimes de viol brandir sur des cartons les mots de leur agresseur. 

"Si tu avais tout simplement accepté de coucher avec moi, je n'aurais pas été obligé d'utiliser du "roofie" (GHB, viol du drogue) !"

Quand on a l'habitude de surfer sur les sites et de regarder les sujets qui font l'actualité immédiate, on s'aperçoit d'une chose : tout se fait par ricochet. Il y a quelques jours, on vous parlait du Tumblr français Je connais un violeur qui répertoriait les témoignages sans gants de femmes ayant été abusées sexuellement. Mais aujourd'hui, c'est du projet Unbreakable dont on va vous parler.

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Lancé en 2011, Unbreakable Project diffuse les photos des victimes de viol en train de brandir les phrases qui les ont le plus marquées pendant l'acte non consenti. Si cette dernière phrase est difficile à lire, elle l'est tout autant à écrire.

Unbreakable : paroles d'incassables

"Hier soir, près de la Halle aux Grains dans le Loir-et-Cher, une jeune femme s'est fait violer par un homme encagoulé. Après avoir été transportée en urgence, la victime de 23 ans en est ressortie ce matin. Ses parents lancent un appel à témoignages pour capturer celui qui est connu des services de police. L'enquête poursuit son cours. On passe maintenant à ...(ZAP)"

Ce n'est pas parce qu'on parle de viol dans l'actualité qu'on parle de viol, vraiment. S'il y a un message à saisir dans les initiatives informatives autour du viol, c'est bien celui-là : les chiffres et les tendances du viol ne parlent que peu à leurs victimes, tout comme l'approche factuelle du sujet dans l'actualité. Un peu comme la maladie, le viol c'est bien d'en parler mais sans les détails sinon ça met mal à l'aise: préférons le flou, c'est plus doux.

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"Tu peux rentrer chez toi maintenant"

Lancé en 2011 par une photographe nommée Grace Brown, Unbreakable Project fait dire aux victimes d'abus sexuels ce que nos imaginaires ne veulent pas entendre. En leur demandant d'écrire sur un carton, la phrase qui les a le plus marquées pendant qu'elles se faisaient violer. A travers ces images, Grace Brown a fait des victimes des "survivors".

Une bougie allumée dans l'obscur tabou.

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"C'est que ta tante et moi on fait. Ça fait du bien de devenir adulte non ?"

"Tu devrais me remercier. Je fais tout le boulot"

"Tiens, prend un autre verre"

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"Tu serais bien plus mignonne en train de t'étouffer sur ma bite"

" Tu aimes les filles seulement parce que tu n'as jamais rencontré un homme qui baise comme moi"

"T'aimes ça ?"

"Arrête de faire comme si tu étais un être humain"

Pendant qu'une policière prenait sa déposition, celle-ci a ajouté : " Si tu étais ma fille, je t'aurais tuée".

" Tu as préféré quoi, les doigts ou ma bite ? ( il a pris ma virginité et le lendemain je recevai les résultats de mon test MST. Je n'ai pas de chance...)"

" Je te prouverai que tu es hétéro"

"C'est pas possible que tu sois vierge, tu as déjà fait ça avant ( entraîneur de tennis, 48ans) - J'en avais 15 et j'étais vierge. Mes larmes ne signifiaient rien pour lui. Je ne signifiais rien pour lui)".

"(Rires) Tu as l'air ridicule avec mon sperme partout sur toi".

De là à dire que les victimes ont cherché ce qui leur est arrivée, il n'y a qu'un pas en idiocratie...

"It's your fault !" : la réponse en vidéo satirique

Le viol, lorsqu'il est traité dans les médias de manière technique, factuelle et juridique ne soulage en rien la souffrance des victimes pour qui le mal se situe à un autre niveau. S'il n'existe aucune échelle de la douleur, c'est moins une question d'intensité que de nature. Ici, l'agression se situe par les voies de l'intime, le coeur de la chair, soit quelque chose d'aussi profond que difficilement descriptible. Et dans chaque cas, l'incompréhension est de mise, les victimes peuvent se sentir responsables.

"It's Your Fault !" ("C'est de ta faute"). C'est le titre d'une vidéo réalisée par le collectif indien All India Bakchod qui tourne en dérision les atrocités que les victimes de viol (en Inde et ailleurs) peuvent entendre :

Chaque affaire d'agression sexuelle en Inde inspire une série de remarques stupides et haineuses envers les femmes. C'est notre réponse à ces remarques.

Réponse efficace et drôle :

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Par Afifia B, publié le 26/09/2013

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