The Place Beyond The Pines : un tryptique décevant

Critique de The Place Beyond The Pines, le dernier film de Derek Cianfrance, avec Ryan Gosling, Eva Mendes et Bradley Cooper.

The Places Beyond The Pines

Au premier abord, The Place Beyond The Pines peut ressembler à une copie de Drive, ce film de Nicolas Winding Refn qui avait reçu le prix de la mise en scène à Cannes en 2011. Remplacez la Chevrolet Impala par une moto, tout en gardant Ryan Gosling et son job, à savoir cascadeur le jour, et truand pendant ses heures libres.

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Derek Cianfrance (Blue Valentine) ne se limite pourtant pas à cela. Il nous livre ici un triptyque presque intéressant mais trop inégal, qui nous laisse sur une impression d’inachevée. Car si au début on assiste à une ouverture très prenante (un superbe plan séquence au son des moteurs de motos), le film perd de son intensité au fur et à mesure de sa progression.

Bande-annonce de The Place Beyond The Pines

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The Place Beyond The Pines en forme de tryptique

Derek Cianfrance a opté pour une construction sous forme de triptyque : trois actes (d’une durée presque similaire) mais qui sont de moins en moins intéressants.

  • Premier acte : l’histoire de Luke (Ryan Gosling), un fou du guidon qui décide de braquer des banques afin d’aider son fils, dont il vient tout juste d’apprendre l’existence. La mère s'appelle Romina et est incarnée par Eva Mendes.
  • Deuxième acte : malheureusement, la route de Luke va croiser celle d’Avery (Bradley Cooper), un policier de la police de Schenectady.
  • Troisième acte : ces deux premiers actes ont des repercussions sur la vie des enfants respectifs de Luke et d’Avery. Ils ont, comme par hasard, exactement le même âge et des personnalités quasiment opposées.

Pas de réelle justification pour l’exploitation d’un triptyque. Quel est l’intérêt ? Cette forme casse ici le rythme, au regard d'une première partie du film dynamique. C’est original certes, mais il faut avoir quelque chose à dire. À l’utilisation futile de cette construction en trois actes s’ajoutent les ellipses utilisées à foison, sans compter la coupure de 15 ans, où l’on retrouve Eva Mendes honteusement maquillée et des scènes poussives.

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Alors que la première partie fonctionne à merveille grâce au duo électrisant de Gosling et Mendelsohn (Animal Kingdom), la deuxième partie n’est portée que par Bradley Cooper, qui « sauve » littéralement ce 2ème acte, manquant d’intensité scénaristique.

Quant à la troisième partie, elle semble avoir été filmée pour pouvoir apporter une conclusion à une histoire qui ne devait pas forcément en trouver une. Les acteurs ne sont pas transcendants (Emory Cohen, pas convaincant, et Dane DeHaan de Chonicle, presque bon). C’est finalement ce à quoi on peut s’attendre : pas de surprise et une fin totalement prévisible.

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Une bonne idée initiale, mais…

Le souci avec The Place Beyond The Pines, c’est qu’on a l’impression que tout a été fait pour maquiller une idée qui, à l'origine, était bonne. Cianfrance disposait d’un casting de haut vol, mais n’a malheureusement pas su les exploiter. On attendait d’ailleurs ce film pour la rencontre Gosling vs Cooper, mais elle n'est qu’anecdotique, face à une production longue de 2 heures et 20 minutes. Quel en est l’intérêt ? Un peu comme si Al Pacino et De Niro n’avaient pas tourné la scène du restaurant dans Heat.

Le problème du film réside dans son manque de vivacité, bien que Eva Mendes et Bradley Cooper soient loin de leur registre et que la construction du film soit peu ordinaire. Cependant, l’originalité ne sauve pas tout : trop de faiblesses scénaristiques laissent deviner la suite (au sein des actes, non entre eux).

Avec Cloud Atlas, on avait six films en un. Avec The Place Beyond The Pines on en a trois. Mais les trois ne se valent pas. Citons quand même Mike Patton – le compositeur de la bande originale du film – qui réussit à proposer une musique hypnotique qui colle parfaitement à l'ambiance parfois planante du film. Mention spéciale à ces scènes de dos - à moto, en voiture ou à vélo, qui font respirer de manière éblouissante The Place Beyond The Pines.

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Par Etienne Dang, publié le 26/03/2013

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