La statue par laquelle le scandale arrive.

Une sculpture d'un soldat soviétique violant une femme fait polémique

L'Europe entière a payé un lourd tribut pendant la Seconde Guerre Mondiale. Mais certaines villes avaient le chic de se trouver au mauvais endroit au mauvais moment. Comme Stalingrad, qui n'a été qu'un vaste champ de bataille pendant sept mois, conduisant à la mort de 250.000 civils.

La ville de Dresde, en Allemagne, cible de 7.000 tonnes de bombes, a partiellement été rasée de la carte par la RAF et l'US Air Force. En France, c'est Oradour-sur-Glane, dont la population s'est vue massacrée arbitrairement par les troupes SS, qui s'est chargé de payer le prix.

Mais il y a aussi Gdansk, en Pologne. Une ville à la situation un peu compliquée puisqu'elle a d'abord été prise par les nazis (alors qu'elle se nommait encore Danzig) avant d'être "libérée" à son tour par les forces soviétiques en mars-avril 1945. Et la libération d'une ville, pendant une guerre, passe par le droit des puissants sur les faibles.

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Un homme, une femme et un revolver

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Selon certains historiens, de nombreuses femmes y auraient été violées par les troupes de Staline, sans qu'aucune statistique n'existe nulle part. C'est pour rafraîchir la mémoire de ses concitoyens que Jerzy Bohdan Szumczyk a érigé clandestinement une statue présentant rien de moins qu'un soldat soviétique affairé à violer une femme enceinte, son revolver tendrement braqué dans la bouche de la malheureuse.

sculpture

La statue par laquelle le scandale arrive.

Le jeune sculpteur avait déposé son oeuvre dans la nuit de samedi à dimanche, tout près d'un monument de l'époque communiste dédié à l'Armée Rouge. Enlevée au bout de quelques heures sur décision des autorités, la statue a quand même eu le tort de se trouver là. Évidemment, il n'en fallait pas plus pour exciter l'ambassadeur de Moscou en Pologne :

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"Je suis profondément choqué par cette incartade de l'étudiant des Beaux-Arts de Gdansk qui a insulté avec son pseudo-art la mémoire de plus de 600.000 soldats soviétiques, morts pour la liberté et l'indépendance de la Pologne", a écrit Alexandre Alekseev, ambassadeur de Russie à Varsovie. Il a jugé la sculpture "vulgaire" et "ouvertement blasphématoire", en espérant "une réaction appropriée" des autorités polonaises.

Condamné pour "incitation à la haine raciale ou nationale" ?

Le parquet de Gdansk a jusqu'à jeudi pour décider si l'auteur de la sculpture allait être poursuivi pour "incitation à la haine raciale ou nationale". Jerzy Bohdan Szumczyk s'est défendu mercredi sur ses intentions :

C'est une expression de mes opinions pacifistes, dirigées contre la guerre. C'est un message de paix [...] J'ai voulu montrer la tragédie des femmes et les horreurs de la guerre

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Le jeune justicier en herbe a ajouté que son initiative n'était "dirigée contre personne" en particulier. L'étudiant aux Beaux-Arts ne renie pourtant pas la portée politique de son geste :

Le monument présente une scène de viol drastique. Je l'ai dédié aussi à la mémoire des femmes dont la tragédie est souvent passée sous silence

Entre 1939 et 1946, la population de Gdansk est passée de 250.000 à 117.894 habitants. L'Armée Rouge a été reconnue coupable de nombreux crimes contre l'humanité pendant la Seconde Guerre Mondiale.

Source : Huffington Post France

Par Théo Chapuis, publié le 16/10/2013

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