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Un jeune graffeur mort pour une peinture aux États-Unis

Publié le

par Tomas Statius

À Miami, le jeune graffeur Israel Hernandez, aka. REEFA, est décédé des suites d'une interpellation musclée par la police locale. Le Taser n'était pas en option. Les questions non plus. 

Aujourd'hui, on peut mourir pour avoir tracé un trait sur un mur.

Et dire cela n'est ni diffamatoire, ni une critique cinglante de la brutalité policière à travers le monde. Juste un état de fait, confirmé par une morbide histoire qui s'est déroulée voilà deux jours sur les rivages ensoleillés des côtés floridiennes.

"L'art ne vaut pas le coup que l'on meurt pour lui"

Ce mardi 6 août, tard dans la soirée, Israel Hernandez était dehors. Pas pour déambuler : il était posté à un endroit précis de la ville. Un mur, celui d'un ancien Mc Donald désaffecté, pour taper une petite peinture.

Et comme c'est parfois le cas pour les virées nocturne de ce genre, le tout s'est fini en course poursuite. Parce que l'intéressé avait déjà été attrapé pour vol à l'étalage (son unique précédent judiciaire). Parce que d'après d'autres sources (la mère d'un ami, Tracey West) les forces de police l'avait prévenu qu'il lui ferait passer l'envie de recommencer si d'aventure il l'attrapait en flagrant délit.

Sur le mur, il commence au marqueur, un petit "R" pour REEFA, son blaze. Puis c'est l'histoire d'une chute.

Image du début du "R" peint par  Israel Hernandez, aka REEFA.

Sirènes, girophares, une demi-douzaine de membres de la police de Miami débarquent selon certains témoins. Là, un coup de Taser lui est envoyé pour "empêcher un incident physique" déclare le chef de la police locale Ray Martinez alors que le jeune homme de 18 ans courait vers les officiers qui l'encerclaient. Et un cadavre sur les bras.

"L'art ne vaut pas le coup qu'on meurt pour lui"

N'ayant aucun antécédent cardiaque ni de membres de sa famille consommateurs de drogues (circonstances pouvant expliquer son décès après l'application d'un voltage si faible) Israel Hernandez est mort sur les coups de six heures du matin, soit une heure après son "interpellation" musclée.

Sa famille a porté l'affaire en justice "pour obtenir des réponses" explique sa soeur. Ses potes sont effondrés et les commentaires de soutiens affluent sur Twitter. Chansons dédicacées, petites pièces ou gros dessin, le tag REEFA (son blaze) fourmille de marque d'affection sur le réseau social. "L'art ne vaut pas le coup qu'on meurt pour lui" déclare Offir Hernandez, son aîné de trois ans.

Israel Hernandez avait tout juste 18 ans, était encore au lycée, faisait des toiles, des sculptures (dont deux venaient d'être acceptées au Musée d'art Moderne de Miami, de manière temporaire), skatait et semblait être animé par une créativité exarcerbée. Il avait raté son bac en raison d'une piètre note en sport et semblait se destiner à une carrière artistique.

Aujourd'hui, on peut mourir pour avoir tracé un trait sur mur.

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