Qu'en est-il de la Vidéo à la Demande en France?

Alors que la VOD rencontre le succès outre-Atlantique avec un acteur comme Netflix, l'Hexagone est à la traine. Quelles sont les raisons d'une telle faiblesse en France ? Esquisse de réponse.

 

Alors qu’aux Etats-Unis, la VOD explose grâce à des offres telles que celles de Netflix ou Amazon Instant Video, en France, elle stagne relativement. Il existe pourtant des chaines qui offrent, contre abonnement, un accès illimité à un catalogue de films, séries et documentaires. Ces services de VOD émanent de plusieurs sources : les sites spécialisés (FilmoTV), les chaines de télévision (on pense notamment à Canal Play Infinity), ou les fournisseurs d’accès à internet.

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Vidéo à la demande : les raisons d'une faiblesse en France

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Selon une étude de Médiamétrie, en 2012, 13,4 millions d’internautes ont regardé une VOD payante. Cela dit, ce nombre reste dérisoire par rapport aux 30 millions d’utilisateurs de Netflix. Il y a différentes raisons à cette faiblesse du marché de la VOD en France.

Tout d’abord, la régulation française ne permet à un film d’être proposé en VOD que 3 ans après sa sortie en salles, contre 11 à 12 mois en moyenne aux Etats-Unis. Pour les séries, il faut attendre environ 1 an pour les voir diffusées. Cela est du notamment au temps nécessaire pour la traduction ou le doublage des épisodes et des films.

Vidéo à la Demande

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Ensuite, les prix restent souvent peu attractifs comparativement à l’offre proposée. Les catalogues sont souvent remplis de manière non exhaustive, et les utilisateurs restent ponctuels.

Certains, comme OCS de Orange, ont fait le pari de proposer les séries américaines avec seulement 24 heures de décalage. Pour 12 euros par mois, l’abonné a accès à une sélection de séries américaines comme Game of Thrones, Treme, ou Breaking Bad, le tout sous-titré par des professionnels et en bonne qualité. Et cela semble bien fonctionner : les abonnés sont de plus en plus nombreux.

OCS Orange : une exception mal foutue

Pourtant, OCS ne reste accessible qu’aux abonnés Orange ou SFR… Et si l’on veut y accéder quand même, il faut souscrire au bouquet CanalSat, qui coute environ 40 euros par mois : on est loin du prix annoncé.

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Les séries sont addictives, et cela signifie que les consommateurs ont besoin d’une disponibilité immédiate. Comme ils ne supportent pas d’attendre pour avoir leur série légalement, les fans se tournent souvent vers le piratage illégal, bien plus rapide, mais dont la qualité (des sous-titres et des épisodes) laisse parfois à désirer.

L’initiative d’OCS ne suffira sans doute pas à arrêter le téléchargement. Mais il existe des fans qui aimeraient payer leur série, et pouvoir jouir légalement de leur plaisir télévisuel. Consommer légalement permettrait aussi aux spectateurs d’être comptés dans les audiences, et d’empêcher parfois l’annulation non méritées de certaines séries : si on oublie de compter les « spectateurs fantômes » d’une série, les chiffres sont faussés.

Mais avec des ayants droit qui proposent des offres limitées, et des plateformes de vente mal fournies, qui peut s’étonner que les gens piratent ? De plus, les services de VOD en ligne, comme Netflix ou Amazon, ne sont pas prêts de s’installer en France : il ne reste plus énormément d’alternatives.

Le Rapport Lescure met le doigt sur le problème

Pourtant, ce n’est pas comme si personne n’avait pu mettre le doigt sur le problème.

Le rapport Lescure, publié en mai 2013, constate :

Les séries télévisées étrangères font elles aussi l’objet d’une demande pressante de la part des consommateurs, qui comprennent mal les délais parfois très longs séparant leur première diffusion à l’étranger et leur disponibilité sur les écrans français, à la télévision ou en ligne. 

Le rapport poursuit : « il serait donc souhaitable de raccourcir les délais liés à la traduction (doublage ou sous-titrage)». Une bonne intention, certes, mais reste à voir si elle sera réalisée.

Canal +, en tout cas, a flairé l’opportunité. Elle a annoncé le lancement en septembre prochaine d’une nouvelle chaine au sein du bouquet premium du groupe, Canal + Séries. Celle-ci est sensée diffuser les séries américaines avec seulement 24h de décalage et en VOSTF, mais aussi des séries françaises et européennes.

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Par Lorraine Besse, publié le 23/06/2013

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