Que vaut House of Cards, la série de David Fincher ?

Dirigée par une pointure du cinéma, première série née sur le web, House of Cards croule sous les éloges de la presse internationale. Pour des bonnes raisons (parfois) et des mauvaises (souvent), la série secoue 2013. Retour sur un OVNI.

house of cards

House of cards, lancée le 1er février 2013, est une série à part pour différentes raisons. D'abord parce qu'elle s'offre la caméra de David Fincher, un luxe auquel on ne peut pas vraiment résister. Ensuite parce qu'elle a choisi Netflix, n°1 mondial du streaming, pour sa diffusion américaine. Un pari audacieux qui affiche l'ambition de ce nouvel acteur ; 100 millions de dollars ont été déboursés pour deux saisons; un budget proche de celui de Game of Thrones. Colossal.

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Histoire d'affirmer sa "révolution" (dixit le PDG de Netflix) les treize épisodes de la première saison ont été livrés en même temps aux internautes. De quoi rompre avec nos habitudes télévisuelles. Mais la série est-elle la claque annoncée ?

Fincher succède à Scorsese et Lynch

Que l'on s'entende, le nom de Fincher rendrait brûlant un épisode de Cordier, juge et flic. Avec un rappel tout de même : si Scorsese, Spielberg ou Lynch ont goûté aux séries eux aussi, tous n'ont pas garanti leur succès. Parce que l'industrie des séries intronise les scénaristes plutôt que les réalisateurs : l'opération relève avant tout du coup de com'.

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Pour autant, David Fincher (réalisateur des deux premiers épisodes) est irréprochable sur House of cards, comme à son habitude. Les ralentis bien sentis, sa façon de filmer le noir et les speechs de Kevin Spacey face caméra donnent le ton. Ce dernier, double oscarisé, est l'argument n°1 du drama dans son rôle d'anti-président.

Ne reste qu'un bémol, ironique : la série semble souffrir de ses qualités. En jouant dans la même cour qu'HBO, Netflix propose une nouvelle série lente, cérébrale, voire austère par moments. Créée par l'auteur des Marches du Pouvoir, elle est à l'image du film de Georges Clooney : presque froide, académique.

En marge, on peut également se demander si la livraison directe des treize épisodes est un bon choix stratégique. L'attente insoutenable qui entoure certaines séries fait aussi partie du jeu. A défaut de crier au génie, donc, House of cards reste un essai réussi pour Netflix. Et de quoi laisser à Fincher le sentiment du devoir accompli avant son retour là où on l'attend le plus : dans les salles obscures.

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Par Jonathan Escarpiado, publié le 21/02/2013

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