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Photo : Ernie Paniccioli, hip-hop intime

Le photographe américain Ernie Paniccioli a eu la chance de suivre les membres de Public Enemy de très près. Une série de clichés dans l'intimité du groupe pour un mec qui a le hip-hop au coeur. 

Ernie Paniccioli

Courtesy of Ernie Paniccioli

Ernie Paniccioli est un mec qui compte dans la galaxie hip-hop. Un de ceux dont la stature XXL, les prises de vues subtiles lui valent actuellement de donner des cours à l'université de Cornell (l'université s'est par ailleurs portée acquéreur de 70.000 de ses clichés pour ses archives dédiées au hip-hop et organiser l'exposition Now Scream qui a commencé le 4 avril dernier). Une opportunité inespérée pour un photographe dont les premiers clichés remontent aux années 70, couvrent plusieurs décennies et l'ensemble du mouvement.

Richie Havens comme parrain artistique

1970s. New York. Bed Stuyvesant. C'est dans cet environnement social chargé qu'il découvre pour la première fois l'univers artistique qui sera le principal matériel de son travail pour les années à venir. Des mecs qui à défaut d'avoir de gros moyens possédaient de brillantes inspirations, l'honnêteté et des idées pleines la tête.

Lui déambule. De Brooklyn, il déménage à Greenwitch Village où au contact de du chanteur Richie Havens (dont on a appris le décès aujourd'hui) il aiguise sa conscience artistique. De son appartement à son lieu de travail, il constate de-ci de-là des dessins tracés sur les murs par des artistes peu respectueux de la propriété mais ô combien inventif. Là commence son entreprise de documentation du mouvement hip-hop. Et après un aller-retour dans la Navy il se colle vraiment à la tâche.

Des murs donc mais aussi les Playground où les B-Boys (et les B-Girls) s'agitent. Et bientôt l'atmosphère moite et brumeuse des salles de concert. Il travaille par la suite pour les publications hip-hop les plus respectées de l'époque Word Up et Rap Masters mais aussi pour les clubs qui s'arrachent ses services le propulsant oeil en vue du mouvement. Notoriété en guise de passe-partout il photographie au cours de sa carrière LL Cool J, Lauryn Hill mais aussi Notorious B.I.G.

courtesy of Ernie Paniccioli

La claque Public Enemy

Et un jour, selon la légende, il prend la claque de sa vie : Public Enemy, l'ultra politisation du rap music, le flow de Chuck D, l'horloge de Flavor Flav. Tout ça quoi. Un de ses amis dit connaitre le groupe personnellement. Et commence alors une relation sur plusieurs décennies dont la série de clichés est issue.

La chaleur d'une famille. Quand il vient à parler de sa relation avec le groupe de Long Island (comme il le confiait dans le New York Times), l'intéressé ne tarit pas de mots doux :

Tout de suite on est devenu très proche. Je sentais être en compagnie de personnes qui avaient la possibilité d'engager des changements révolutionnaires, non pas au sens physique du terme mais bien mental.

S'intéressant bien plus à la "vérité" des sujets qu'il photographie qu'à leur pendant médiatique, Ernie Paniccioli est actuellement âgé de 66 ans. Il a écrit plusieurs livres dont le célèbre Who Shot Ya? : Three Decades of Hip-Hop Photography en 2002. Et ses clichés valent vraiment le détour.

Ernie Paniccioli - Public Enemy

Chuck D, Flavor Flav 1994, juste avant la visite de Nelson Mandela - Courtesy of Ernie Paniccioli

Flavor Flav en (1993) - Courtesy of Ernie Paniccioli

Sur scène à Harlem en 1989 - Courtesy of Ernie Paniccioli

En concert (1992) - Courtesy of Ernie Paniccioli

Après en concert au Apollo Theater d'Harlem - Courtesy of Ernie Paniccioli

Avec les membres de la Nation of Islam (1991) - Courtesy of Ernie Paniccioli

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Source : NEW YORK TIMES

Par Tomas Statius, publié le 23/04/2013