"Comment les hipsters ont ruiné Paris"

Dans une tribune d'opinion, un journaliste évoque dans le New York Times la disparition du Paris "authentique". En cause, les "hipsters".

hipsters

(Capture d'écran du New York Times)

Ce week-end, le respecté New York Times s'est fendu d'une tribune acerbe à l'encontre de Paris. Une fois n'est pas coutume, la France est visée dans un article réalisé par un magazine ou un quotidien anglo-saxon. Mais cette fois-ci, l'approche opérée par le journaliste Thomas Chatterton Williams est originale. Si Paris est "ruiné", ce n'est pas par la faute des subventions publiques, du maire, des touristes ou de son immobilisme culturel. Non.

Publicité

Il s'agirait de la faute des "hipsters". Dans sa tribune, le journaliste américain évoque la Place de Pigalle, appelée "autrefois "la Nouvelle-Athènes", celle d'Édouard Manet et du "Bar des Folies-Bergère" qui permettait d'entrevoir la société française dans son ensemble, d'après Thomas Chatterton Williams. Le Paris d'Alexandre Dumas, Victor Hugo, Gustave Moreau et Pierre-Auguste Renoir souligne t-il.

Mais, car il y a un "mais" dans cet article, "ça a disparu". La faute à des enseignes fermées. Des épiceries, des bistros et des bars à cocktails haut de gamme auraient remplacé les pharmarcies, les laveries et une flopée de "bar à hôtesses qui, pendant des décennies, ont défini le voisinage". Pour ces dernières, le journaliste avance le chiffre de 84 enseignes en 2005, diminuées à une vingtaine en 2013.

Voilà, d'après le journaliste, arrivé dans la capitale en 2011, la démonstration de la perte de caractère du quartier. Tout au long de sa tribune, le journaliste ne parle finalement que es 9ème et du 18ème arrondissements, citant la Rue Victor Massé ou la Rue Frochot.

Publicité

Et de poursuire :

Une couche vive et passionnante de l'authentique Paris est en voie de disparition, non par un activisme d'arrière-garde, une volonté politique ou l'avidité des Starbucks ou des McDonald's mais à cause d'une ordinaire mondialisation de hipsters aux bons goûts, de la même manière qu'une force invisible et agréable a mis le kale frittata [...] sur les tables, de Stockholm à San Francisco.

Dans un article écrit pour Adbusters intitulé "Hipster: The Dead End of Western Civilization", Douglas Haddow parlait des hispters comme d'un "fourre-tout mutant de styles, de goûts et de comportements transatlantiques". Thomas Chatterton Williams, qui semble s'en inspirer, conclut alors :

Publicité

Des gens disent qu'il fallait être dans le Paris des années 20 ou dans le New York des années 80. La triste vérité d'aujourd'hui est seulement qu'on n'a plus besoin d'être quelque part en particulier.

Par Louis Lepron, publié le 11/11/2013

Copié

Pour vous :