Konbini by HERMANN

Panorama Street : #2 - HERMANN

Au fil des temps, le graffiti change. Mais pas forcément de visage. Avec Panorama Street, on remet tout à plat en interrogeant les acteurs. Aujourd’hui #2 avec HERMANN, représentant des jeunes pousses grimpantes du street art - et du collage - entre Toulouse et Paname.

Konbini by HERMANN

Konbini by © HERMANN

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« J’ai arrêté les études pour me lancer exclusivement dans l’art. » HERMANN [NDLR, il souhaite rester anonyme] est un jeune street artist, originaire de Paris, tout juste la vingtaine et toujours discret. Après une année aux Beaux-Arts à Pau, où il fait ses premières armes et approfondit son style graphique, le jeune homme décide de débarquer à Toulouse il y a quelques mois à peine. « J’ai vu qu’il y avait une bonne scène artistique qui montait pas mal, que les gens étaient vachement ouverts par rapport à l’art. Après Paris, ça m’a semblé être le meilleur choix. » convient-il.

Le street art, c’est un état d’esprit

C’est en 2010-2011 à Paris qu’il découvre le milieu pour y faire ses premières collabos. Son  déclencheur est aussi sa première expérience avec l'art urbain : une expo d’Invader qui le marquera à jamais. « Après avoir fait l’expo d’Invader, j’ai décidé de contacter un street artist qui s’appelle Gregos, assez connu à Paris. » Et de poursuivre : « Il  a été très ouvert et il m’a tout de suite dit que c’était possible qu’on travaille ensemble ».

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Collaboration HERMANN/Gregos

Collaboration HERMANN/Gregos

Depuis, HERMANN collectionne les collaborations en tout genre avec quelques noms de la scène parisienne : Gregos, Bastek, Aurel, etc. Ses techniques fétiches: le calque, la sérigraphie et le collage. « Disons que j’aime bien le travail qui est assez aliénant, le travail de répétition des formes par exemple. » explique l’artiste, avant d’ajouter : « Ma base de travail, c’est le calque. Donc en fait je décortique un peu certains Disney, des petits livres Disney où je récupère des formes dedans. Après je fais une accumulation de ces formes qui pour moi sont liées à l’enfance ».

L’art pour tous

La vision qu’a HERMANN du street art est globale et englobante. « Pour moi, le street art c’est l’art de rue, vraiment le côté où on décore la rue, où on la rend plus vive, plus joyeuse. C’est la plus grande galerie du moment. » théorise-t-il. « C’est gratuit, éphémère, public, qu’on offre et accessible à tout le monde. » Une forme d’art pour tous : collectif et démocratique. « C’est aussi une manière pour moi d’intéresser les gens et de les faire, s’intéresser au street art et à l’art en général » précise ce grand fan de Keith Haring, entre autres.

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Dans le street art, il y a une certaine continuité, mais ce n’est plus aussi nouveau

Collaboration HERMANN/Bastek - Paris

Collaboration HERMANN/Bastek - Paris

D’ailleurs, la référence au père du street art américain, avec Basquiat, n’est pas anodine.

HERMANN partage une analyse engagée de l’art urbain, et de l’art en général, dans l’idée même d’utiliser la rue ou l’espace public comme espace d’expression. « J’ai toujours été assez fou de Keith Haring par les formes et les couleurs : je me retrouve dans son travail. Je ne raconte pas la même histoire. Je ne parle pas autant de sexualité, mais j’y vois un lien » estime-t-il.

L’artiste est pour sa part engagé auprès d’ACT-UP Paris, et a participé à des appels à projet artistiques de l’association.

Le street art, un état d’esprit

Auteur d’une pratique éphémère – le collage -, HERMANN revendique un état d’esprit street art à la limite de la légalité. « Je me vois continuer jusqu’à ce que je puisse plus dessiner. Il n’y a pas de fin à ça. Le but d’un street artist, ce n’est pas de vendre. Le street art, c’est un état d’esprit, l’envie de faire découvrir ça à tout le monde » défend-il avec conviction.

D’ailleurs, la grande majorité, si ce n’est la totalité, de ses collages de rue a été arrachée – rue de Rivoli, rue Mouffetard ou à Pau pour ne citer que ces quelques lieux. « Quand je colle, c’est vraiment des endroits avec du passage et ça ne reste pas. Au début, je n’allais pas très haut » souligne-t-il.

HERMANN, parce qu'il revendique le côté éphémère du street art, ne craint pas de voir ses oeuvres disparaître ou arrachées.

HERMANN, parce qu'il revendique le côté éphémère du street art, ne craint pas de voir ses oeuvres disparaître ou arrachées.

Avec pas mal de recul, ce colleur un poil barbu est conscient des enjeux de sa pratique artistique et de ses modes d’action. Pour autant, il voit quand même une sorte de continuité depuis les débuts de l’art urbain, tel qu’on le connaît aujourd’hui.

Il y a une certaine continuité, mais ce n’est plus aussi nouveau et, il y a pas mal de différences. On fait plus de collages par exemple aujourd’hui. Les mediums ont évolué et les lois aussi

développe HERMANN.

Un regard neuf sur une pratique qui commence à prendre de la bouteille, #c'estdit.

Membre du collectif HyYpe'z Up, HERMANN a récemment été contacté par la marque Liste Noire pour une nouvelle collection qui mélange les légendes urbaines et les personnages Marvel. Il exposera en septembre au Moloko à Toulouse sur Orange Mécanique : une expo Culbrique.

Par Florian Bardou, publié le 02/07/2013

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