Occupy Barbie-Dreamhouse : une polémique de poupée

La Maison de Barbie va voir le jour grandeur nature à Berlin. Mais ce qui au départ n'était qu'une simple attraction est devenu un motif de guerre. Qui va sauver Barbie ? 

Le 16 mai prochain sera inauguré la Barbie Dreamhouse à Berlin. La maison de poupée va voir le jour dans de vraies murs : 2500 m2 à l'honneur de la Barbie, princesse de rêve. C'est le géant américain Mattel qui est à l'initiative de ce projet qui ne casse pas trois pattes à un canard mais a un nom qui en jette The Dreamhouse Expérience.

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Dreamhouse Experience

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Mattel propose donc d'entrer dans la vraie demeure de Barbie, « une immense maison de 2500 mètres carrés, où ont été utilisés pas moins de 9 kilos de paillettes et plus de 380 pots de peinture rose ». Comme Barbie, ses fans pourront se promener dans les pièces mais aussi se vêtir, se coiffer comme elle, défiler sur des podiums et, entre deux showrooms, préparer des cupcakes.

Bien entendu, l'entrée dans ce palace a un prix : 22 euros. La maison de Barbie reste une attraction comme une autre mais s'il existe bien des amoureux de Barbie qui n'hésiteront pas à entrer dans sa maison IRL, certains s'en offusquent.

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Ainsi, Linksjugend, mouvement militant d'extrême-gauche allemand, s'oppose vivement à ce projet qui reflète selon ses membres "l'expression d'un modèle indigne".

Michael Koschitzki, membre de ce mouvement, ne mâche pas ses mots :

Quand nous avons entendu parler de la maison de Barbie, il a été évident pour nous qu'il fallait protester. Nous ne voulons pas que les petites filles soient exposées dès le plus jeune âge à la propagande sexiste. La majorité des petites filles jouent avec une poupée qui dans la réalité serait anorexique et dont la vie consiste à attendre Ken dans la voiture.

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Et voilà Barbie devenue officiellement idéologie à combattre.

Appel au boycott de Barbie

A l'heure où l'on pointe du doigt les conséquences des jouets sexués sur la vision de la femme, Barbie et ses mensurations surréalistes ont de plus en plus de mal à passer. Sa présence dans les rayons et l'inconscient esthétique provoque même la nausée chez certains qui voient en cette maison de Barbie une nouvelle lutte à accrocher à leur tableau.

Après Occupy Wall Street, voici donc venu le temps d'Occupy Barbie Dreamhouse. Le groupe Facebook du même nom a été créé par Michael Koschitzki lui-même pour appeler à une manifestation le jour de l'ouverture de la Maison de Barbie. Si la page Facebook se limite pour l'instant à 1500 fans, le mouvement de Michael Koschitzki reçoit le soutien de nombreuses associations.

Parmi elles, Pinkstinks qui lutte contre la domination du rose chez les petites filles se pose en première ligne. Pinkstinks, littéralement, ça se traduit par "le rose ça pue" et puisque l'odeur du rose les insupporte, les membres de ce mouvement comptent aussi lutter contre la Maison de Barbie, symbole de ces jouets sexués "qui se contentent de donner aux petites filles une définition étroite et nocive de ce qu'est être une femme".

Allo la Terre ? Ici Barbie

Les raisons de ce mécontentement peuvent se concevoir et établir une hiérarchie des combats serait fort stupide. Mais si le symbole de Barbie pèse dans l'éducation des petites filles, quid du symbole de la lutte contre la Maison de Barbie ? A quoi rime un groupe d'extrême-gauche qui manifeste devant la maison rose d'une poupée ? La force rouge aurait-elle déteint ?

Il faut visiblement compter le rose et les poupées dans les nouvelles causes à défendre mais elles n'empêcheront toutefois pas l'ouverture de la Barbie Dreamhouse le 16 mai prochain. Elle ouvrira pendant trois mois avant d'être démontée et remontée dans d'autres villes d'Europe.

Source photos : Occupy Barbie-Dreamhouse

Par Afifia B, publié le 08/05/2013

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