Oblivion : un film de science-fiction satisfaisant

Critique d'Oblivion de Joseph Kosinski (réalisateur de Tron l'Héritage) avec Tom Cruise, Olga Kurylenko, Andrea Riseborough et Morgan Freeman.

oblivion

Joseph Kosinski. Son nom ne vous dit peut-être rien, mais ce monsieur n’est autre que le réalisateur de Tron l’Héritage - la suite du film Tron (1982) – sorti en 2010. Connu pour son talent dans le domaine des images de synthèse, Joseph Kosinski a réalisé de nombreuses publicités (Chevrolet, Hummer, Apple, Saab, Bmw, Lincoln, Gears of War, Halo 3, etc.) et s’apprête à s’attaquer à Tron 3, dont le scénario devrait être finalisé ce mois-ci.

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Oblivion ? Aucun rapport avec le jeu vidéo. Le film prend place dans un monde post-apocalyptique, après l’utilisation de l’arme atomique dans une guerre contre des extraterrestres. Deux humains ont pour mission d’assurer l’entretien de drones, eux mêmes chargés de protéger des installations humaines.

Tout bascule le jour où un vaisseau s'écrase dans lequel Jack découvre des humains. Il parvient à sauver Julia, une femme qui lui rappelle quelqu’un qu’il croit connaître.


Bande-annonce de Oblivion

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Un Avatar deuxième génération ?

D’un côté, un scénario plaisant. Il tient la route, et même si la plupart des retournements de situation sont assez prévisibles, l’histoire est agréable, plutôt prenante. Mais de l'autre, on a l’impression qu’on nous ressasse la même histoire déclinée en plusieurs versions : un héros qui s’oppose à l’autorité, un système capitaliste terriblement injuste et manipulateur, des résistants qui se cachent en pleine nature et de méchants robots. Ce n’est pas gênant mais cela peut rappeler quelques productions. Comme Avatar.

Visuellement, Oblivion est extrêmement propre. Pas des plus originaux, mais très agréable à regarder et agrémenté d’effets spéciaux soignés. Mention spéciale aux fusillades, courses poursuites et autres plans sur les paysages en ruine. Et pour cause : Oblivion a été tourné avec la nouvelle caméra Sony Alta F65, qui a également servi à tourner After Earth de M. Night Shyamalan, présenté comme le grand concurrent d'Oblivion.

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On note certaines bonnes trouvailles, que ce soit au niveau des véhicules (le vaisseau de Tom Cruise, les drones, la moto), des objets, ou encore des bâtiments (la maison très high-tech de l’équipe formée par Jack et Vika) – Kosinski ayant été étudiant en architecture. Un seul petit défaut : beaucoup de plans ont été réalisés à travers un viseur ou des retours de caméras et donnent au film un côté jeu vidéo assez regrettable, confirmé par le médiocre générique de fin.

Un petit mot sur la bande-originale, spécialement composée par le groupe français M83, qui donne une autre dimension au film : un sentiment de puissance et une musique tout nouvelle, loin des classiques du genre.

"Êtes-vous une bonne équipe ?"

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« TOM CRUISE ». Écrit presque aussi gros et au-dessus du titre du film : impossible de ne pas savoir qu’on va voir un film avec l’acteur de Top Gun. Et c’est probablement ce qui a pu susciter une certaine appréhension de la part des anti-Cruise.

Pour autant, l'acteur américain s'en sort bien : il n’en fait pas trop – même si le film n’existe que par et pour lui - et rentre parfaitement dans la peau de son personnage. Mais les actrices sont décevantes : que ce soit Olga Kurylenko (Quantum of Solace, À la Merveille) qui est trop en retrait ou Andrea Riseborough, froide comme drone. Morgan Freeman, lui, est peu présent.

Globalement, Oblivion est un film de science-fiction satisfaisant : une histoire prenante, une image attrayante, quelques bonnes trouvailles du côté du scénario et de l'univers mais des acteurs un peu en deça de leurs capacités. On regrette aussi une fin trop prévisible - malgré une référence plus qu’évidente à 2001 l’Odyssée de l’Espace – et on se demande où sont partis les 120 millions de dollars de budget.

Dans les poches de la tête d'affiche ? Car, rappelons-le, Tom Cruise était en 2012 l'acteur le mieux payé d'Hollywood avec 75 millions de dollars. 

Par Etienne Dang, publié le 12/04/2013

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