Refusé par le New York Times, Bansky s’est lâché sur un mur

Une tribune de Banksy refusée par le New York Times

Le street-artist britannique Banksy a voulu se faire la voix de la contestation au projet du One World Trade Center, en lieu et place des tours jumelles. Une tribune que le New York Times a refusé de publier. 

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Refusé par le New York Times, Bansky s'est lâché sur un mur

On pourrait définir la motivation artistique de Banksy comme la volonté de faire entrer ses créations là où elle ne sont pas attendues. Là où on ne pourrait les imaginer de prime abord.

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C'est le cas pour le versant "vandale" de sa production (graffiti, pochoir, etc.), mais également, si l'on se souvient bien, quand l'artiste avait pour protocole artistique de réinterpréter des classiques de l'histoire de l'art à la sauce pop culture. Puis d'apposer ses toiles dans des musées. Aujourd'hui, le Britannique masqué a voulu faire entrer son travail (provocateur et discursif) dans les colonnes du New York Times. En vain.

Article factice édité par les soins de Banksy

"On dirait un truc construit au Canada"

C'est dans la journée de dimanche que la nouvelle court : Banksy aurait écrit un article que le New York Times aurait refusé. Son objet ? Une critique acerbe du projet remplaçant les tours jumelles : le One World Trade Center (ou 1 WTC), immeuble scintillant de près de 541 mètres (antenne comprise, bien-sûr), dominant la rivière Hudson de son gigantisme.

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Il faut croire que ce type d'architecture ostentatoire ne plaît pas au natif de Bristol. Pour lui, en plus d'être une absurdité créative, le bâtiment manque de "confiance en soi". On ne discutera pas ici cet essai de personnification :

Cet immeuble est un désastre. Non, les désastres sont intéressants. Le One World Trade Center est un non-événement. C’est ennuyeux. On dirait un truc construit au Canada (...) Le bâtiment manque remarquablement de confiance en lui-même (...) Le One Trade Center nous dit que le jour de gloire de New York est passé.

Et face à ce billet dur dans une langue assez commune, les journalistes du New York Times ont avoué leur hésitation. Et offert une fin de non-recevoir au Britannique, in fine. Un porte-parole du quotidien commente :

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Nous n'avons pas pu nous mettre d'accord sur l'œuvre ou la démarche, donc nous l'avons rejeté.

La contre-attaque

Banksy a toujours plus d'un tour dans son sac : celui-ci a transformé son échec en une critique de la frilosité du milieu journalistique en sus de sa charge contre le projet. Dans le quartier de Greenpoint, à Brooklyn, il a lâché sa hargne d'un "Ce site contient des messages bloqués" dont la simplicité graphique ne semble être là que pour servir le fond de l'oeuvre.

Hypothèse : le rejet de sa tribune pour le NY Times fait partie du plan. Mieux encore, le refus du quotidien pourrait s'incorporer dans la démarche artistique de son exposition à New-York et ne servirait, ainsi, qu'à faire retentir plus fort encore le message graffé sur ce mur.

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Crédit Image Banksy

Banksy à New York, c'est presque fini et à l'heure où on écrit ces lignes, l'oeuvre du jour vient de faire son apparition sur le site internet du street artiste : un robot graffant un code barre alors qu'un oiseau s'envole à tire d'ailes. Banksy n'aime définitivement pas la tournure que prend ce monde...

Le Banksy du jour, à Coney Island

Par Tomas Statius, publié le 28/10/2013

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