Photo intitulée All by my self : Auto portrait de Nan Goldin en plein délabrement physique et mental

Photo : l'obsession Nan Goldin

Tu postes tes images Instagram et tu penses que c'est l'imagerie du quotidien ? Nan Goldin te remet à ta place !

Photo intitulée All by my self : Auto portrait de Nan Goldin en plein délabrement physique et mental

Lisse, brillant, le moindre détail apparent. Les critères de beauté en général et de la photographie d'aujourd'hui se calquent sur une certaine idée de la perfection, on l'aura tous remarqué ! Les magazines veulent des filles et des images parfaites, sans une ligne qui dépasse. Idem pour les publicitaires ! Les papiers et la toile comme support de représentation, on montre tout même nos fesses mais le coeur de tes assiettes ne vaudra jamais celui de l'Homme. Alors pour lui rendre hommage en ce début d'année, on va parler de Nan Goldin ! Descente dans les abysses humaines. Back to basics !

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The Ballad of Sexual Dependency

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Si vous ne connaissez pas Nan Goldin, accrochez-vous ce n'est pas facile. L'authenticité a un prix et plusieurs de ses photos seraient censurées sur facebook si on les postait sur nos murs. Chez elle, les tabous ne sont pas dans la poche mais devant l'objectif. Les petites natures peuvent aller se rhabiller. Nan Goldin n'est pas devenue photographe pour faire joli mais pour une toute autre raison :

J’ai commencé à prendre des photos à cause du suicide de ma soeur. Je l’ai perdue et je suis devenue obsédée par l’idée de ne plus jamais perdre le souvenir de personne.

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Ca paraît glauque mais ce qui l'est communément ne l'est pas forcément en soi. Si sa curiosité l'a menée dans les contrées de l'underground et autres milieux plus ou moins marginaux, ce qui en ressort n'est rien d'autre que le sel de la vie. Ses photos sont des gifles qu'elle a réunies dans la série qui l'a rendue célèbre The ballad of Sexual Dependency. La photo de Nan Goldin est orgasmique et la jouissance se loge partout : sur les balcons des hauts buildings comme dans les sous-sols des zones sombres.

Périple au coeur de l'intime sans filtres Instagram

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La photographie est un art en mutation constante et depuis que nos téléphones sont munis de capteurs, quiconque peut jouer à l'apprenti photographe. Des sites sont mêmes dédiés aux plus amateurs d'entre nous. Les plus passionnés testent les extrêmes pendant que d'autres se servent de photoshop pour sublimer les zones que l'oeil ne peut retoucher. Entre spectacle et clichés parfaits, la réalité est parfois vidée de son sens artistique parce que non, prendre en photo tes pâtes ou tes pieds sur la plage c'est tout sauf une prise de risque.

Nan Goldin c'est la lumière de l'intimité. La vraie. Et elle est toujours plus complexe qu'il n'y paraît.

Nan Goldin elle-même avec son compagnon juste après un rapport sexuel

La teinte des images nous rappelle par moments les fameux filtres Instagram utilisés en masse par les internautes et autres blogueurs. Un détail d'autant plus révélateur que comme ces derniers, Nan Goldin photographiait d'abord ses amis et ceux qui l'entouraient. Elle a pour obsession de capturer son quotidien à ceci près que son intention est d'illustrer la condition humaine avant son petit nombril.

L'évolution de l'image qui prend de plus en plus le pas sur l'authenticité nous a peut être trompés en confondant art photographique et photocopie. Mais ça, c'est une autre histoire. En attendant on s'inspire sans le savoir des miroirs de Nan Goldin.

Par Afifia B, publié le 09/01/2013

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