Capture d’écran du site My Paris Street Art

Les mystères graffiti de Paris dévoilés dans une appli

L'application My Paris Street Art propose aux internautes de répertorier et de cartographier les oeuvres qui s'affichent sur les murs de la capitale. 

My Paris Street

L'application "My Paris Street Art" pourrait permettre de conserver des traces des oeuvres de la Tour Paris 13, phénomène street-art de la rentrée. - Crédit Image Fluctuat

Accessoire des amateurs d'art pour une balade dans les rues de la capitale, l'application My Paris Street Art - oeuvre de l'association Artefact, en partenariat avec la mairie de Paris - est symptomatique des évolutions de l'art urbain. De son inscription dans le giron de l'art contemporain à son institutionnalisation. Présentation.

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Une déambulation arty au pays des graffiti

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L'application My Paris Street Art s'appuie sur  une idée simple sans oublier l'essence du médium.

En tant qu'expression éphémère et public, l'art urbain s'affiche sans prévenir sur les murs des villes. Et face à un engouement grandissant et à l'absence de "cartographie" des pièces en place, les membres de l'association Artefact ont eu pour dessein d'offrir à ces oeuvres éphémères un cadre. Aussi simple qu'une carte.

Capture d'écran du site My Paris Street Art

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Basée sur la participation du public, l'application propose une cartographie évolutive des "murs" de la capitale (pour l'instant majoritairement des pièces "légales") mais également une trace photographique ainsi qu'une visite virtuelle des lieux (grâce à l'utilisation de Google Maps).

Capture d'écran du site My Paris Street Art

Signaler la présence d'une oeuvre digne d'intérêt, son auteur, mais également son caractère. Qu'elle soit "offensante" (on avoue notre peine à comprendre pareil qualificatif) ou "introuvable" (si celle-ci a disparu). L'application, gratuite, est d'ores et déjà disponible sur Google Play et iTunes. Au moment où l'exposition Tour Paris 13 fait l'actualité de bon nombre de médias généralistes. Hasard ? Probablement pas.

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My Paris Street Art Vol.1 par ParisStreetArt

Puis retrouver un panel des curiosités picturales de Paris grâce à une "carte personnalisée" et prévoir sa déambulation, comme dans une galerie à ciel ouvert. On ne peut que saluer l'initiative.

Crédit Image Le Journal du Geek

Deux remarques nous semblent nécessaires face à pareille création.

Galerie extérieure mais galerie quand même

La première concerne la popularisation du mouvement mais également son "artification". Car offrir un cadre plus classique à ces oeuvres éphémères, c'est également les inscrire dans un monde nouveau : celui de l'art (on prend le terme ici dans le sens des institutions. Non pas comme jugement de valeur sur sa qualité picturale).

Des textes explicatifs sont adjoints aux images. Ici une oeuvre de Bonom dans le 11 ème arrondissement - Capture d'écran du site

Car mine de rien, offrir un nom, un "auteur", et une localisation à une oeuvre autrefois découverte au gré de déambulations hasardeuses, dont la compréhension et l'identification (surtout son auteur) reste sujette à une connaissance du mouvement, est aussi synonyme de passage au grand public. Ce n'est pas une mauvaise chose mais il s'agit juste d'en être conscient.

Paris, capitale de l'intervention publique dans le graffiti ?

La seconde évolution concerne l'implication des pouvoirs publics dans l'initiative. Car si la mairie de Paris a apporté sa patte à la création, ce n'est pas par philanthropie.

Et Jean-Bernard Bros, adjoint au Maire de Paris chargé du tourisme et des nouveaux médias locaux corrobore nos dires par ses déclarations au journal 20 Minutes.

[Le street-art] modifie l’image de la ville, en donnant autre chose à voir.

Plus qu'une expression artistique rebelle et en vue, l'art urbain est devenu un moyen pour une municipalité de se rendre attractive. Être dans le goût du jour, offrir des ruptures à la monotonie d'une enfilade d'immeubles haussmanniens et de monuments qui écrasent par leur magnificence.


Tour Paris 13 par tourparis13

À ce niveau, Paris est relativement en retard sur d'autres capitales européennes (on pense à Berlin, Varsovie ou encore Budapest), ainsi que sur d'autres villes de l'Hexagone : en mai dernier la Biennale Internationale d'Art Mural à Lille témoignait du même souhait d'embellissement de la ville par des fresques grand format.

Mr Cana et IPNS lors de la BIAM à Lille - Crédit Image Collectif Renart

L'art urbain change, on le disait dans notre série Panorama Street. Et on a la preuve tous les jours.

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Par Tomas Statius, publié le 10/10/2013

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