L'histoire et l'art en danger : un pan du mur de Berlin menacé de destruction

L'East Side Gallery : un pan du mur de Berlin, un bout de l'histoire contemporaine et un lieu iconique de la capitale allemande serait en proie à la spéculation immobilière et menacé de destruction. 

east side gallery

East Side Gallery : la mémoire de Berlin en danger

Sur un pan de mur long de 1,3 km s'affichent des oeuvres d'art. Peintres connus ou plus confidentiels, ce qu'on appelle l'East Side Gallery est un lieu d'exposition à ciel ouvert, où l'on trouve certaines images iconiques de l'histoire de la ville. Fondé en 1990 à l'initiative de deux collectifs d'artistes berlinois, VBK et BBK, le lieu se pense comme un monument à la paix, au dialogue. Du baiser de Erich Honecker et Léonid Brejnev (réalisé par l'artiste Dmitri Vrubel), à l'oeuvre de plus d'un centaine d'artistes reconnus, l'endroit attire son lot de curieux : plus de 800 000 touristes y passent chaque année.

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Malgré la charge émotionnelle et patrimoniale indéniable du lieu, un projet immobilier de résidences et de bureaux grand luxe pour un bâtiment haut de 63 mètres menacent la préservation de la gallerie. Déjà entamé d'une cinquantaine de mètres en 2006, suite à des travaux d'aménagement pour la Coupe du monde de football, c'est cette fois-ci l'ensemble du mur qui serait détruit si le projet aboutit.

La raison avancée à une telle destruction est d'ordre urbanistique : par l'intermédiaire de Franz Schulz, député-maire vert de ce quartier de Berlin, il semblerait qu'un projet d'aménagement des berges de la Spree soit en marche. Privé et public se liguent.

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Le milieu alternatif ne s'en laisse pas compter

A Berlin, la résistance s'organise selon plusieurs modalités et via différents porteurs de cause. Par l'intermédiaire de Sascha Disselkamp (patron du Sage), c'est le milieu alternatif qui s'exprime, les boites de nuit historiques tel que le Tresor, le Watergate, ou le Lido défendent une certaine idée de la ville, entre acceptation des investisseurs et conservation de ce qui fait l'identité de la ville. L'intéressé rappelle que pareilles réalisations seraient indécentes dans un espace où tant d'innocents ont péri.

Mais c'est également sur un plan artistique que les revendications émergent. Kani Alavi, porte-parole des défenseurs de la gallerie à ciel ouvert avait levé des fonds il y a quatre ans de cela (près de 2,5 millions d'euros) pour la rénovation du mur.

Il a déclaré :

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Nous voyons cela comme un acte de destruction pur et simple de la création.

Certains des artistes ayant apposé leur marque entrent également dans la bataille. C'est le cas du français Thierry Noir qui a exprimé son soutien clair et net à la cause.

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Pour rejoindre le mouvement, une pétition est diffusée pour sauver le mur.

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Source : The Guardian 

Par Tomas Statius, publié le 28/02/2013

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