The Scribble Board après

Mobstr et the "Scribble Board" - Graffiti participatif

Avec "The Scribble Board", le street-artist Mobstr propose aux badauds de s'exprimer sur un tableau blanc en plein Londres. 

Mobstr

Mobstr - The Scribble Board

Pour renouveler le graffiti, chacun y va de son petit essai. Innovation graphique, métissage culturel, exposition sur différents supports, tout y passe pour faire avancer les choses. Et Mobstr dans son genre participe de cette volonté bien perceptible d'élargir le spectre des inspirations et d'expression envisageable pour le travail artistique dans la rue.

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Mobster

Des lettres d'abord bien sûr, colorés, de plus en plus compliqués, en relief. Puis la lassitude, la volonté de trouver une autre source d'inspiration. Du graffiti "pur et dur", Mobstr est passé au travail du pochoir aux sculptures, avec toujours la permanence d'un souci politique dans son oeuvre. De la dénonciation de CCTV aux agissements des forces de l'ordre.

CCTV dans les arbres

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De là, on peut l'imaginer, est venu l'idée de faire réagir à plus grande ampleur. Et pourquoi pas avec la participation d'individus que l'on a jamais vu (ou trop rarement) marqueur en main ? Le public.

Mobstr : essai de graffiti participatif

The "Scribble Board" participe de cette volonté d'intégrer le public dans une expression artistique trop souvent limitée à un petit groupe d'initiés. Pour se faire le célèbre street-artist a recouvert un emplacement publicitaire d'une affiche blanche avec une inscription non équivoque : "The Scribble Board - Please Use Pens Provided". Et d'après ce qu'il confie au magazine américain Animal, pour cette installation, un faisceau complexe de critères a été pris en compte :

Le panneau était prêt du sol. Il était aussi sous un pont ce qui faisait que la pluie ne causait aucun problème. (...) C'était prêt d'un pub et on on pouvait penser que les gens énervés [ou alcoolisés d'ailleurs, ndlr] aurait été plus sensible au projet.

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Et le résultat a été au-delà des espérances de l'artiste.  Car comme on peut le constater sur la photo ci-contre, il n'a pas fallu très longtemps pour l'espace immaculé soit recouvert d'une masse de gribouillis, griffonnage ou messages en tout genre.

The Scribble Board après

Et deux commentaires semblent découler de cette expérience féconde sur lequel l'artiste préfère rester vague (il ne donne ainsi au magazine aucune précision sur ses motivation ou sur l'installation en tant que tel). Il a trop à perdre probablement. Son anonymat ou juste sa liberté.

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L'après "The Scribble Board"

D'abord force et de constater que la tentation de "taper" un support vierge, manifestement peu légal, est une envie grégaire partagée bien au-delà de la communauté hip-hop. C'est ainsi que l'on constate sur les différentes photos du support des inscriptions à la teneur si différentes que "Rooms to Rent" (en haut à gauche) ou "Dog". Que celui qui n'a jamais eu envie d'écrire là où ce n'était pas permis leur (aux graffeurs) jette la première pierre.

Mobstr

Mais ce dont on s'aperçoit aussi assez rapidement est n'est pas graffeur qui veut. Et quiconque annoncerait que le graffiti n'est pas une pratique artistique digne de ce nom et donc accessible à tout le monde regarde ce que donne l'anarchie d'une expression massive non encadrée par un ensemble de code.

Finalement Mobstr semble nous dire deux choses, ou du moins c'est ce que l'on a compris :

  1. Le graffiti est un truc grégaire que tout a le monde a envie de tester sans pour autant en avoir le courage
  2. Laissez l'habillage des rues aux graffeurs, elles sont en de bonnes mains
Et on ne peut lui donner tort.
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Par Tomas Statius, publié le 14/06/2013

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