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La mairie du 11ème part en guerre contre le graffiti

Publié le

par Tomas Statius

132 dont le 11ème en pleine rue – 2012

Alors que la Tour Paris 13 et ses oeuvres éphémères est l'un des évènements incontournables de la rentrée, la Mairie du 11ème arrondissement de la capitale a décidé de partir en guerre contre le graffiti.

132 dont le 11ème en pleine rue - 2012

Dans le onzième arrondissement de Paris, les tags n'auront bientôt plus le droit de cité. Selon un arrêté voté à l'unanimité des membres du conseil municipal le 7 octobre dernier, les autorités prévoient la mise en oeuvre d'un plan "anti graffiti" visant à l'éradication du phénomène, comme le rapporte Le Figaro.

11ème Arrondissement vs. Graffiti

À l'initiative de Jean-Christophe Mikhaïloff (adjoint à la Mairie du 11ème chargé du commerce, des professions indépendantes, du tourisme et des nouveaux médias locaux) et à l'appel d'associations de riverains et de commerçants, le plan devrait être mis en place contre ce que l'intéressé qualifie de "délinquance en col blanc, de loisirs", oeuvre d'individus insérés se comportant, selon l'homme politique, comme des voyous.

Jean-Christophe Mikhaïloff à droite - Crédit Image <a href="http://www.cinematheque.fr/fr/expositions-cinema/precedentes-expositions/brune-blonde/vernissage-exposition.html" target="_blank">Cinémathèque</a>

On apprécie dans le genre les mots employés par l'auteur de l'article du Figaro pour introduire la mesure :

La coupe est pleine pour les habitants et commerçants: dès qu'un mur est remis en état, il est considéré comme une magnifique page blanche à remplir par des tagueurs narcissiques qui déclinent, dès qu'ils le peuvent, leur signature sur les devantures, les façades, les rideaux de commerces.

Toujours selon l'intéressé, la pratique serait en dangereuse augmentation pour 25.000 interventions l'année dernière, près de 90.000 mètres carrés de murs nettoyés et plus de 4,5 millions d'euros de manques à gagner pour la collectivité. En cause ? La situation géographique du quartier (en plein centre), l'effervescence nocturne, mais aussi la furtivité des activistes de la bombe...

Sur le <a href="http://www.paris.fr/pratique/aides-allocations-demarches/services-en-ligne/graffiti-et-affichage-sauvage/rub_9685_stand_2574_port_23869" target="_blank">site de la Marie de Paris</a>, il est possible de signaler un graffiti et de demander qu'il soit effacé

Le plan prévoit ainsi que les entreprises de nettoyage (la société KORRIGAN pour le onzième) et les forces de police travaillent désormais de consoeurs pour démasquer les graffeurs vandales et éradiquer ce qui est toujours perçu comme un problème social de premier ordre.

Et ce malgré la multiplication d'initiatives publiques quant à cette sous-culture.

Korrigan fait bien le taf : Avant / Après - Crédit Image <a href="http://www.korrigan-graffiti.com/site/" target="_blank">Korrigan</a>

Graffiti à Paris : deux poids deux mesures

Car ce que met justement en parallèle le blog spécialiste AllCity c'est qu'en marge de cette "radicalisation" de la lutte anti-graffiti au cours des dernières années, la mairie de Paris (dans la droite lignée d'autres grandes métropoles européennes) n'a de cesse de valoriser des expressions domestiquées : soutien au projet Tour Paris 13 avec l'ICF et la marie du 13ème, participation financière au développement de l'application My Paris Street Art et j'en passe.

Mur banalisé pour la pratique du graffiti dans le 11ème non loin du Nouveau Casino

A-t-on droit à une cacophonie proprement politicienne ou  un système à deux vitesses ? Notre coeur penche pour la seconde assertion.

Car si les municipalités n'ont de cesse de mettre en avant la réalisation de fresques monumentales dans le but de la valorisation du patrimoine urbain et artistique, le pendant de cette politique consiste à une limitation des expressions dissidentes du mouvement et donc à cette pénalisation à marche forcée du graffiti. Avec une méconnaissance du phénomène.

Avant de faire des peintures en galerie (ou pour la tour Paris 13), <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/JonOne" target="_blank">JONONE</a> pétait des stores (flop au milieu de la photo)

Car faut-il le rappeler, avant d'être "adoubés" par des manifestations légitimes, les street-artists débutent par une carrière vandale, leur permettant d'acquérir expérience et respect des pairs. Il n'y a pas de rupture brutale entre street-art et graffiti. Il s'agirait plutôt d'un prolongement tant sociologique qu'artistique.

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