Iron Man à la fraîche.

Les 5 raisons du succès au cinéma d'Iron Man 3

En quatre jours, Iron Man 3 a engendré près de 200 millions de dollars de recette, soit assez pour rembourser la totalité du budget du film. Comment expliquer ce phénomène ? On vous propose cinq raisons.

iron man 3

Iron Man 3 est à peine sorti qu'il bat déjà des records. Pour son premier week-end d'exploitation dans 42 pays, le milliardaire Tony Stark a engrangé 195,3 millions de dollars de recettes. En 2012, lors de sa semaine d'ouverture, les super-héros de Avengers (Hulk, Captain America, Thor, La Veuve noire, etc.) n'avaient glané "que" 185 millions de dollars.

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Et alors qu'il n'est pas encore disponible aux États-Unis, Iron Man 3 est devenu le plus gros carton cinématographique pour un premier week-end en Argentine, à Hong Kong, en Indonésie ou à Singapour. Dans le peleton des marchés qui lui ont été le plus profitables, la France arrive sixième : 381 000 tickets le premier jour et 15 millions de dollars de recette en quatre jours. C'est pas rien.

A quoi est dûe cette vague Iron Man ? Cinq raisons sont à prendre en compte.

1 | Une campagne marketing rondemment menée

"Pourquoi Iron Man 3 est aujourd'hui un phénomène dans les salles obscures, en France comme dans le monde ?". A cette question posée à plusieurs de nos interlocuteurs, deux mots sont revenus : "promotion" et "marketing".

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Pour David Honnorat, co-fondateur de Vodkaster :

La sortie de ce troisième opus a été soutenue par une très grosse promotion aidée par des sponsors puissants. Et l'avant-première parisienne, organisée pour les sponsors (Audi, Oasis, TCL...), illustrait bien la puissance commerciale déployée.

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Xavier, présentateur du podcast Kultur Breakdown, est du même avis. Selon lui, "tout a été fait pour créer le besoin d'aller voir le film" à l'aide d'une "communication agressive et efficace".

 2 | "L'effet de franchise"

Derrière ce succès, il y a selon David Honnorat un "effet de franchise" :

Ce qu'a construit Marvel avec les liens entre les licences individuelles et Avengers est un gros boost pour les films. C'était un pari pas évident, et c'est clairement une réussite.

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Xavier précise alors que "Avengers a marqué les esprits en étant la première production rassemblant une équipe de super-héros déjà vus dans d'autres films" : 

Beaucoup de gens sauront vous citer des passages entiers du film. Les personnages ont pris une nouvelle dimension, presque mythologique. Pour moi, une grande partie du public est allée voir non pas la suite de Iron Man 2 mais un Avengers 2 avant l'heure.

Affiche de Avengers

Nicolas Granier est derrière la communauté de fans de super-héros construite autour du site Cinecomics. Selon lui, cette avalanche de super-héros au cinéma ne sature pas l'esprit des gens. Elle se rapproche au contraire du petit écran, ce qui expliquerait la réussite de Tony Stark :

La consommation de ces "épisodes" s'apparente à celle que l'ont peut constater sur les spectateurs des série télé américaines. Le spectateur est en demande et en veut toujours plus.

 3 | Le personnage et l'acteur

Au cinéma, quand il s'agit de parler argent, Iron Man est le petit préféré des super-héros : "Si on se réfère aux meilleurs démarrages Marvel dans l'histoire du cinéma, on note qu'Iron Man 3 arrive en première position, Avengers en seconde, Iron Man 2 en troisième" explique t-il.

Il poursuit :

Iron Man est un personnage plus qu'apprécié du grand public et est l'un héros les plus magnétiques, si ce n'est le plus face à Thor, Captain America et même Hulk. Ce n'est pas anodin d'ailleurs de voir à quel point Tony Stark est mis en avant dans le choral Avengers.

Même si David Honnorat attire l'attention sur l'aspect "inventeur génial qui pète plus haut que son cul mais qui est cool quand même parce qu'à la fin il sauve le monde" du personnage, le co-fondateur de Vodkaster considère avant tout l'acteur Robert Downey Jr. comme le meilleur ambassadeur de la franchise :

Parmi les super-héros, c'est sans doute l'acteur le plus charismatique. On l'a vu à la conférence de presse [donnée le 15 avril dernier à Paris, ndlr], il sait faire le show.

A ce propos, Nicolas Garnier conclut :

Robert Downey JR, c'est l'autre phénomène [...], il témoigne son attachement au personnage. Et à toutes les avant-premières, il joue vraiment le jeu avec les fans.

4 | Au cinéma, pas de blockbusters en concurrence

Au 24 avril en France, Iron Man 3 sort. Face à lui, L'Écume des jours de Michel Gondry et La Cage dorée de Ruben Alves. Autant dire deux films dont le mastodonte américain n'en a fait qu'une bouchée. Et ce ne sont pas les G.I Joe Conspiration (sorti il y a un mois) Oblivion (sorti il y  a deux semaines) et autres Evil Dead et Jurassic Park (qui sortiront dans une semaine) qui remettront en cause sa suprématie française.

David Honnorat confirme cette absence de concurrence :

La période est assez propice. Résutat, Iron Man 3 est dans trois ou quatre salles dans certains multiplex.

Outre-Atlantique, les choses sont presque similaires. Jusqu'à la sortie de Star Trek Into Darkness (J.J Abrams) le 17 mai prochain, Iron Man 3 ne devrait pas avoir trop de mal à se réserver une belle part du gâteau des recettes cinématographiques. Et enfoncer, en passant, le clou d'une domination au box office mondial.

Capture d'écran de The Independent

Pour autant, Nicolas Garnier n'est pas totalement d'accord avec cette logique. Même si la date de sortie choisie par Marvel est parfaite, le succès d'Iron Man est avant tout dû à une nouvelle logique :

Les adaptations de comics ont pris naturellement la place des blockbusters en proposant un scénario parfois plus exigeant que les Battleship et Transformers.

Et de préciser :

Les spectateurs sont aussi devenus plus sourcilleux et les studios Marvel l'ont bien compris : ils proposent des doubles lectures à leurs films avec des références aux comics pour les lecteurs, des références aux autres héros Marvel et bientôt une série TV sur le Shield où Iron Man pourrait apparaître.

5 | Une période propice : la crise

En France, le taux de chômage n'a jamais été aussi élevé depuis 1997. Aux États-Unis, la crise financière a entraîné des dégats sociaux colossaux. Et sur les écrans, voici qu'arrivent des super-héros, de Blade (1998) à The Amazing Spider-Man (2012). Le genre d'histoires qui ne peuvent qu'attirer des millions de spectateurs dans la salle selon Xavier :

On a tendance à dire qu'en période de crise, les super-héros marchent très bien. Une partie, la majorité des gens, va voir ces productions pour en prendre plein les yeux. Mais d'une manière inconsciente, beaucoup recherchent peut-être des modèles, des exemples, des idoles.

Comme il est souligné dans ce reportage réalisé par France 3 autour du nouveau Iron Man, Tony Stark "est en mauvaise posture : plus de maison, plus de pouvoirs, plus de petite amie. Une situation qui rappelle étrangement celle de milliers d'américains touchés par la crise".

Et pour Nicolas Garnier, "le jeune public a plus facilement tendance à s'identifier à un personnage plus humain. C'est vraiment cet aspect qui a été mis en avant dans la franchise Iron Man". CQFD.

Par Louis Lepron, publié le 29/04/2013

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