Le voyage du photographe Ilya Pitalev en Corée du Nord

Le Sony World Photography a livré ses lauréats version 2013. Et parmi eux, on trouve Ilya Pitalev, un photographe russe dont le travail sur la Corée du Nord intrigue. 

Ilya Pitalev

C'est une occasion sans commune mesure dont a bénéficié le photographe russe Ilya Pitalev : celle d'aller au-delà des apparences et de voir de quoi a l'air la Corée du Nord. Le petit État dont les velléités guerrières de son dirigeant Kim Jong-un font trembler le monde avec une organisation pyramidale et centralisée, semble correspondre à ce que l'intellectuel italien Giovanni Gentile appelait une société totalitaire.

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Mais c'est la fleur au fusil (ou plutôt à l'objectif) que le Ilya Pitalex, de l'agence de presse russe RIA Novosti, s'est rendu là-bas. En 2012, à l'occasion du centenaire du régime, lors un voyage de presse bien encadré, il a pu prendre les clichés qui lui ont valu une récompense lors du Sony World Press dans la rubrique "Actualité".

Le centenaire était un moment clé pour la Corée du Nord. C'était important pour le régime de montrer les célébrations au monde. C'est pour ça qu'ils ont ouvert les portes pendant quelques jours. Pendant cette courte période, des photographes de tous les pays ont eu l'occasion de se rendre en Corée du Nord.

Sur le blog de World Photography Organization, Ilya Pitalev raconte la manière dont se sont déroulées les différentes prises de vue qu'il a pu effectuer pendant son voyage.

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Mais aussi ses intentions avant d'aller à la rencontre de l'une des sociétés les plus fermées au monde, donc l'une des plus mystérieuses :

 Je voulais montrer que les nord-coréens vivent dans un monde "séparé" du nôtre, difficile à comprendre quand on n'est pas dans le pays. C'est une société qui vit dans la foi du communisme et de leurs leaders. Les magasins sont vides, les gens souffrent. Et ils n'imaginent pas le monde différemment. Comment vivent-ils, peuvent-ils être heureux, quel sens à la vie pour eux ? Voilà les questions que je me posais. Je n'ai toujours pas de réponses définitives et j'espère retourner là-bas pour éclaircir tout cela.

Ilya Pitalex ne s'attendait à pas grand chose. Cela donne à ces clichés une force narrative : montrer la tension entre la puissance homogénéisatrice du régime et les individualités.

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Ilya Pitalev - North Korea 2012

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Par Tomas Statius, publié le 29/04/2013

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