Le premier court de... Oliver Stone

Pour se souvenir de son premier mot, on a des parents. On se souvient par contre rarement des premiers balbutiements des réalisateurs, souvent d’obscures courts métrages. Une erreur que Konbini répare chaque week-end. Cette semaine, Oliver Stone.

Oliver Stone

Le 4 juillet dernier, c'était la fête de l'indépendance des États-Unis. Si on cherche un peu côté cinéma, on pense directement à Né in 4 juillet d'Oliver Stone, avec Tom Cruise. Film totalement anti-patriotique et extrêmement dénonciateur (comme une bonne partie de l'oeuvre d'Oliver Stone), il puise ses origines à la toute fin des études du cinéaste, lorsqu'il réalise son court-métrage de fin d'année.

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Durant ses études, il rencontre notamment Martin Scorsese, son professeur, qui lui conseille de s'inspirer d'histoires personnelles afin d'écrire ses scénarii. Oliver Stone élabore donc celui de Last Year In Vietnam, en s'inspirant largement de ce qu'il a vécu au Vietnam - il y a servi de 1967 à 68. Avec un ton dénonciateur, qu'il acquiert dès son premier film, Oliver Stone a l'habitude d'affronter les sujets dont peu de gens parlent, que ça soit la Guerre du Vietnam - sujet récurrent - ou des sujets plus politiques (JFK, Nixon , W. : l'Improbable Président).

Last Year In Vietnam a pour sujet le retour d'un soldat parti au Vietnam. Retour à la réalité pour lui, mais aussi aux habitudes qu'il a perdues pendant ses années de combat. Alternant habilement entre flash-backs (la jungle, des animaux exotiques, etc.) et des scènes de la vie quotidienne, Oliver Stone met en valeur le fossé qu'il veut nous montrer. Pourtant, le personnage préfère le genre de solitude du Vietnam plutôt que l'isolement dans la "fourmilière américaine" comme il l'appelle, jugée "plus accablante encore". Le tout est porté par une voix-off en français. Hé oui, la maman d'Oliver Stone est française, et le monsieur parle la langue de Molière parfaitement.

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L'homme prend peu à peu conscience de sa situation, et se met à se débarasser de tous les objets qui lui rappellent cette guerre : photos, cadres, certificats et vêtements. La voix-off déclare à ce propos :

La grande défaite, en tout, c'est d'oublier, et surtout ce qui vous a fait crever, et de crever sans comprendre jamais jusqu'à quel point les hommes sont vaches. Quand on sera au bord du trou, faudra pas faire le malin nous autre. Mais faudra pas oublier non plus, faudra raconter tout, sans oublier un mot.

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Par Etienne Dang, publié le 05/07/2013

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