Le David Lynch pré-cheveux blancs. Et un nain.

Le premier court de... David Lynch

Pour se souvenir de son premier mot, on a des parents. On se souvient par contre rarement des premiers balbutiements des réalisateurs, souvent d’obscures courts métrages. Une erreur que Konbini répare chaque week-end. Cette semaine, David Lynch.

David Lynch

Le David Lynch pré-cheveux blancs. Et un nain.

Depuis 2006 et l'échec d'Inland Empire, David Lynch se distrait comme il peut. Un peu de peinture, avec une expo "The Air is on Fire" à la Fondation Cartier ; des pubs comme celle de Lady Dior avec Marion Cotillard ; du design pour Dom Pérignon ou le club parisien Le Silencio ; et sa propre fondation "pour la paix mondiale et une éducation fondée sur la conscience ", promouvant la méditation transcendantale. Ces jours-ci, l'actualité de l'artiste de 67 ans se situe dans le monde de la musique, avec la sortie d'un single en compagnie de la chanteuse pop suédoise Lykke Li. Son deuxième album, The Big Dreamsortira courant Juillet.

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De quoi oublier qui est réellement David Lynch. David Lynch le créateur, le visionnaire, le génie. David Lynch le fou... Et quoi de mieux pour retrouver l'essence du cinéma lynchien que de se plonger dans ses débuts ? Voici pour vous deux courts métrages aussi dérangeants l'un que l'autre.

Six Men Getting Sick (1966)

Le premier film de Lynch, Six Men Getting Sick, n'en est pas vraiment un. Il s'agit d'un film painting, ou peinture animée en français. Il représente plus ou moins six hommes, six figures, six corps confrontés à la maladie. Le corps se délite, les mains se portent aux visages, des visages crispés par la douleur. La scène dure quarante-cinq secondes et tourne en boucle pendant quatre minutes. Un bruit de sirène continuel rend l'expérience encore plus désagréable. Il est à noter qu'à l'origine, Six Men devait être diffusé sur un support spécial, composé par endroits de bras et de visages sculptés. Une œuvre produite lors de la deuxième année d'études de Lynch à la Pennsylvania Academy of Fine Arts. En 2007, le film est projeté lors de l'exposition à la Fondation Cartier, déjà évoquée plus haut. 

Un court métrage que le réalisateur décrit lui-même comme "cinquante-sept secondes de croissance et de feu, et trois secondes de vomi." Il ajoute : "Je peignais des choses très sombres. Et j'ai vu une partie d'un visage bouger, puis j'ai entendu un souffle. Je voulais vraiment que ces figures soient en mouvement et y associer du son. [...] Je voulais un son qui serait beau, et étrange, comme si Mona Lisa ouvrait sa bouche et se tournait, il y aurait un courant et là elle se retournerait et sourirait. Ce serait étrange." Oui, David, ça le serait.

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The Alphabet (1968)

Si le premier short-movie du créateur de Twin Pinks est déjà était troublant, le deuxième est tout bonnement terrifiant. Réalisé en 1968, grâce aux 1000 dollars générés par Six MenThe Alphabet suit une nouvelle fois le modèle du film painting. Heureusement pas en boucle cette fois-ci. Le résultat est cependant tout aussi pénible. Seize minutes de dessins terrifiants, bercés par des cris d'enfants interprétés par Peggy Lynch, fille de David. L'histoire – si l'on peut dire – serait celle d'un homme récitant l'alphabet sans prononcer la lettre "z". Rejoint par un groupe de bambins, son chant perturbe fortement une des fillettes, qui, affolée par les lettres pénétrant dans sa tête, se met à cracher du sang. Le pire, c'est qu'on la comprend.

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Par Thomas Andrei, publié le 14/06/2013

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