Le Flexing, cet art de la rue et du corps né à New York

A Brooklyn, loin des hipsters de Williamsburgh, les Bboys ont été piocher du côté de la contorsion pour inventer une street dance extreme, le Flexing. Un sujet de Sophie Peyrard, journaliste pour Tracks sur Arte.

flexing

Né dans les quartiers difficiles du borough, Flatbush, Brownsville et East de New York, là où l'on recense le plus d'échanges par armes à feu de tout l'État, le Flexing fédère les énergies et évite la casse.

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Mix savant entre cirque et spectacle de rue, le Flexing s'organise dans des contests et des battles qui prennent racines depuis la rue, l'école de Brooklyn.

C'est dans cet environnement non pacifié que des danseurs s'approprient au début des années 2000 le bruk-up, un style de danse jamaïcain que des ainés pratiquent dans les clubs de dance-hall du quartier, et le transforment en ce qui est aujourd'hui le Flexing. Comme le bruk-up, le Flexing joue la carte du storytelling, et raconte ce que les danseurs vivent au quotidien : les shootings, la violence, la drogue ou les histoires de cœur.

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Si l'on retrouve des phases proches du break dance comme le gliding ou le waving, le Flexing s'est enrichi du hat tricks, du pausing, du connecting, et de l’impressionnant bonebreaking. Ce mouvement de dislocation, remis au goût du jour par cette jeune génération de Brooklynites, a fait un bond assez improbable dans le temps. La contorsion est un genre qui appartient plutôt aux freak shows et aux acrobates qu'aux B-Boys de 20 ans.

Si le Bonebreaking, ou « cassage d'os », en met plein la vue dès les premières secondes, c'est peut-être parce que c'est l'un des mouvements les moins naturels du corps humain. La dislocation des épaules, ça impressionne les potes mais ce n'est qu'à la suite d'un entraînement intensif et trrrès douloureux, que l’on peut réussir à faire passer son bras derrière la tête, puis par-dessus son épaule.

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Flex is Kings, le docu

Pour ces prêcheurs d’hyperlaxie mais aussi pour les gliders, connecters, pausers, hat trickers et autres, cette danse est avant tout un moyen de créer son propre monde, un monde libre, dans lequel ils peuvent réécrire l’histoire, leur histoire.

Si le Flexing est en train de sortir doucement du ghetto, avec le collectif Next Level Squad par exemple qui se filme dans le métro avec des masques à gaz, la sélection du documentaire Flex is Kings au Tribeca Film Festival devrait donner un vrai coup de fouet au mouvement.

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Pendant deux ans et demi, la réalisatrice Deidre Schoo a filmé les personnalités incontournables de ce nouveau mouvement et c'est avec plus de 300 heures de rushs qu'elle a auto-produit son documentaire. A la manière d'un Rize de David Lachapelle, elle suit les danseurs dans leur vie quotidienne jusqu'à la fameuse battle qui élira le King of the Street. Aujourd'hui, Deidre a lancé une levée de fond sur Kickstarter pour finir son doc. Have a look !

Pour en savoir plus : Emission Tracks sur Arte. Article écrit par Sophie Peyrard.

Par Konbini Staff, publié le 25/03/2013

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