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Le catalogue des titres d'ouverture de films

"Movie Title Stills Collection". C'est le nom de ce site qui répertorie des centaines de titres de films. De 1920 à 2013, de Buster Keaton à Wes Anderson, le site couvre presque cent ans de cinéma.

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Classés par date, les titres de films sont accessibles par des onglets les triant par décennie.

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Les années 20

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On retrouve ainsi les traditionnels cartons titres en noir et blanc du début des années 20, avec notamment Buster Keaton ou Harold Lloyd. On note ensuite une certaine évolution : passage à la couleur (Nosferatu de Murnau) et progressivement une complexification des cartons : The Phantom of The Opera (Rupert Julian, 1925), The Lodger d'Hithcock (1927) ou encore Metropolis de Fritz Lang la même année.

Les années 20 : Daydreams, The Lodger et Nosferatu

Les années 30

Cette période-là s'illustre par des films aussi célèbres que À L'Ouest Rien de Nouveau, Les Lumière de la Ville, Frankenstein, Dracula, l'illustre M le Maudit de Fritz Lang, Scarface d'Howard Hanks ou encore Les 39 Marches d'Alfred Hitchcock. Beaucoup d'inventivité, des cartons plus près de l'oeuvre, plus originaux et moins académiques que ceux de la décennie précédente.

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La typographie a désormais un rôle majeur dans la caractérisation de ces cartons, mise en avant par des éléments visuels en rapport au film : le bateau pour Capitaine Blood de Michael Curtiz, l'horloge pour Les Temps Modernes de Charlie Chaplin.

Les années 30 : À l'Ouest Rien de Nouveau, M le Maudit, Capitaine Blood

Les années 40

Les années 40 sont marquées par l'apparition de la couleur en 1939 (avec Autant en Emporte le Vent de Victor Fleming). On voit donc apparaître les premiers titres en couleur : Fantasia, Pinocchio, ou Le Ciel Peut Attendre de Lubitsch. D'autres titres viennent faire le lien avec les années 30 : Le Dictateur, Citizen Kane ou Le Faucon Maltais, plus conventionnels mais tout aussi remarquables.

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Les années 40 : Pinocchio, Le Ciel Peut Attendre, Citizen Kane

Les années 50

Durant les années 50 s'imposent des polices de caractère plus... imposantes. DOA, Mystery Street, Le Jour où la Terre S'arrêta, The Tall Target, The Thing From Another World en sont des exemples. Progressivement, la couleur s'immisce mais est encore très minoritaire : Chantons Sous La Pluie, Le Crime Était Presque Parfait, Johnny Guitar. 

Désormais, les titres sont pour le plupart incrustés sur des images du film, en plus des éléments crées en marge de l'oeuvre cinématographique, comme dans les années 20 : À L'Est d'Eden, La Main au Collet. Le générique d'ouverture de La Mort aux Trousses, crée par Saul Bass, marque un tournant dans l'histoire du générique et est retenu comme l'un des premiers à être animés. Celui-ci introduira toute une série : de Psychose à Autopsie d'un Meurtre.

Les années 50 : D.O.A., Chantons Sous la Pluie, La Mort aux Trousses

Les années 60

"Diversité" est sûrement le mot qui représente le mieux cette décennie. Des titres en noir et blanc, d'autres en couleurs, certains avec des polices classiques, d'autres très délirantes... Si certains se confondent avec la masse de titres, certains réussissent à se démarquer comme Blow-Up, Django, Play Time. Certains films, pourtant très bons, optent pour la simplicité : Le Lauréat, Macadam Cowboy ; tandis que d'autres sont novateurs pour l'époque : 2001 l'Odyssée de l'Espace.

Les années 60 : Blow-Up, Le Lauréat, 2001 l'Odyssée de l'Espace

Les années 70

Les années 70 : la sobriété. Même si certains sont assez tape-à-l'oeil (Tora Tora Tora, Trafic, Willy Wonka and the Chocolate Factory, Frenzy), d'autres sont plus simples et tout aussi efficaces : Patton, Orange Mécanique, Dirty Harry, The French Connection ou Serpico. Les producteurs ont saisi depuis longtemps l'importance de la typographie dans leurs films et produisent des visuels immédiatement identifiables. Parmi eux : Le Parrain, Amarcord, American Graffiti, Pat Garrett & Billy The Kid, Barry Lyndon, Jaws, Star Wars, Apocalypse Now, Mad Max. Rien que ça.

Les années 70 : Tora Tora Tora, Le Parrain, Star Wars

Les années 80

Les années 80 marquent un retour vers plus de retenue. Même si les titres gardent une certaine originalité, ils sont moins délirants que d'autres plus anciens. On retient notamment The Elephant Man, Raging Bull, The Shining, E.T. l'Extra-Terrestre, Scarface, Amadeus, ou Full Metal Jacket. 
Das Boot, Koyaanisqatsi, Ghostbusters, Gremlins, Indiana Jones, Terminator, Retour Vers le Futur, Brazil, La Mouche, Robocop misent quant à eux sur l'effet spectacle, proposant des titres plus impressionnants, assez marquants et en général très colorés. 

Les années 80 : Elephant Man, Retour Vers le Futur, Indiana Jones

Les années 90

On retrouve une certaine cohérence dans l'utilisation des polices dans les années 1990 : Thelma et Louise, A Few Good Men, Reservoirs Dogs, Forrest Gump... beaucoup de titres qui se ressemblent. On notera tout de même Pulp Fiction, Dead Man, La Cité des Enfants Perdus, Funny Games, Se7en ou Toy Story.

Les années 90 : Forrest Gump, Toy Story, Pulp Fiction

Les années 2000

Et l'Oscar du plus gros titre est décerné à... Battle Royale ! À part celui-ci, la plupart des titres se veulent plus discrets et en général moins recherchés que leurs grands frères des années 70/80. Peu peuvent se vanter d'amener quelque chose de nouveau. Certains y arrivent : Le Fabuleux Destin d'Amelie Poulain, La Famille Tenenbaum, Attrape Moi Si Tu Peux, Hero, Intolérable Cruauté (le meilleur du film), La Vie Aquatique, Sin City ou Juno.

Mais originalité ne rime par forcément avec efficacité, tout comme sobriété ne rime pas forcément avec inanité : District 9, Invictus, Memento, Punch Drunk Love ou Collateral sont loin d'avoir révolutionné la typographie au cinéma, ce n'est pas pour ça qu'ils seront moins efficaces.

Les années 2000 : Battle Royale, La Famille Tenenbaum, Sin City

Les années 2010

Les années 2010 semblent rendre un hommage aux différentes périodes de la typographie au cinéma : Machete, The Artist, Shutter Island, Attack of the Block, Drive, The Guard, Cheval de Guerre et Magic Mike. Bref, on remarque qu'aucun des films ne néglige sa police. À l'exception de Woody Allen, qui garde la même typographie pour toutes les ouvertures de ses films : la Windsor Light Condensed.

Les années 2010 : Drive, Attack of The Block, Magic Mike

Vous pouvez accéder au site ici : The Movie Title Stills Collection

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Par Etienne Dang, publié le 12/07/2013

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