Lars Von Trier privé du final cut de "Nymphomaniac"

Bien que le réalisateur soit l'artiste derrière un film, il arrive bien souvent qu'il n'ait pas le dernier mot face aux studios. Des bras de fers qui aboutissent parfois à la perte du contrôle de l'oeuvre, comme c'est le cas pour Olivier Dahan, qui expliquait il y a peu avoir été dépossédé du  montage final de son Grace de Monaco face au distributeur américain Weinstein. Aujourd'hui, c'est au tour de Lars Von Trier de ne pas avoir son mot à dire sur le final cut du très attendu Nymphomaniac comme le rapporte Libération.

nymphomaniac

Dans une interview accordée au magazine danois Filmmagasinet Ekko, le producteur Peter Aalbaek explique avoir réduit le film à quatre heures, alors que le réalisateur lui avait livré une version qui durait cinq heure et demi. Et cela, sans que Lars Von Trier ne voit le résultat et ne puisse rien y faire.

Publicité

La version courte va à l'encontre de ce que veut Lars mais il l'accepte car il comprend les mécanismes du marché. On ne peut pas faire un film qui coûte 60 millions de couronnes (6,7 millions d'euros, NDLR) et qui dure aussi longtemps. Cinq heures et demie, c'est si extrême, ça réduit si dramatiquement le marché potentiel que les investisseurs auraient eu l'impression de s'être faits rouler.

Longtemps envisagée, l'hypothèse de sortir deux versions du film - dont l'une plus soft - a également été écartée. Peter Aalbaek Jensen a annoncé qu'une seule version sortira, la plus explicite des deux mais chaque distributeur pourra choisir de masquer les éléments qu'il considère comme inappropriés dans son pays.

Nymphomaniac retrace l'histoire du parcours érotique d'une femme, de sa naissance jusqu'à l'âge de 50 ans, racontée par le personnage principal, Joe, qui s'est auto-diagnostiquée nymphomane. Avec un casting trois étoile qui compte Charlotte Gainsbourg, Shia LaBeouf, Willem Dafoe ou encore Uma Thurman. Pour l'heure hormis quelques extraits, personne n'a vu le film. Même pas Lars Von Trier.

Publicité

Par Constance Bloch, publié le 15/11/2013

Copié

Pour vous :