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Fish Art : quand les poissons racontent nos vies

Publié le

par Afifia B

La photographe Anne-Catherine Becker-Echivard met en lumière la vie secrète des poissons. Accrochez-vous, ça en dit long sur les humains.

Les photos de paysage c'est bien joli mais en période estivale, les murs de nos réseaux sociaux en débordent comme des carafes pleines. On photographie la mer et les jolis plans d'eau mais que faisons-nous des poissons ? Sont-ils si insipides pour se cogner nos mollets gras et les ombrages de nos bouées lorsqu'on ne les enferme pas dans nos bocaux ?

Qu'est-ce que les poissons peuvent-ils bien dire de nous ? La photographe Anne-Catherine Becker-Echivard s'est penchée sur la question dans une série intitulée Les Temps Modernes. Vous ne regarderez plus les poissons comme avant !

Les Temps Modernes: le calvaire des poissons

Leur vision semble s'égarer dans une boucle temporelle qui nous est étrangère. On peut partager avec le poisson le même environnement aquatique sans qu'il daigne pour autant interagir avec l'Homme. Ce dernier, pour assouvir son instinct de décorateur animalier profite alors de sa docilité pour l'enfermer dans un bocal : "t'as vu mon poisson comme il est joli ? On peut l'enfermer et le narguer, il ne réagit pas".

On raconte même - à tort- que sa mémoire ne dépasse pas trois secondes. Mais cette information est fausse : des études ont prouvé que le poisson rouge a une mémoire de la souffrance de plus de 24 heures. Oui, comme nous les poissons ont la souffrance silencieuse. Et comme nous pouvons faire les sardines dans nos baraques de déplacement moutonnier, ils se déplacent en banc vers une destination inconnue ... mais en boucle.

Oui, les poissons ont beaucoup à dire sur le monde des humains. Anne-Catherine Becker-Echivard l'a compris lors de ses premières expériences de pêche enfantines. Rien d'étonnant à ce que, une fois devenue photographe, elle se mette à les déguiser avant de les contextualiser dans nos quotidiens d'hommes en lutte. Au travail, à l'usine ou en prison, les poissons prennent nos places. L'occasion de souligner ce qui ne se trame habituellement qu'entre les lignes de nos souffrances invisibles.

Une série atypique qu'elle a appelée Les Temps Modernes. Une référence à l'oeuvre de Chaplin qui en dit ironiquement long sur la vie cachée des hommes comme celle des poissons. Dans l'une comme dans l'autre : chacun sa croix.

Crédits photos : Anne-Catherine Becker-Echivard

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