La Nouvelle-Zélande s'insurge contre Argo

La polémique autour du film de Ben Affleck Argo rebondit après les déclarations de diplomates néo-zélandais sur la véracité des faits.

Argo

Argo est définitivement un film à polémiques. Mais aussi politique, sorte de miroir et de catalyseur des crispations géopolitiques autour d'un enjeu aussi important que celui de la mémoire. Après les déclarations tonitruantes du régime iranien sur le film, la vexation des officiels canadiens et britanniques quant à leurs rôles "minimisés" dans le scénario, c'est au tour de la Nouvelle-Zélande de s'offusquer. Et de livrer sa version des faits.

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Argo film à polémiques

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Mais pour que tout soit bien clair, un retour à la narration du film semble nécessaire. Dans Argo, Ben Affleck aka l'agent Tony Mendez est présenté comme le principal instigateur de l'issue "heureuse" de la prise d'otage de Téhéran en 1979. Face à l'indifférence et la lâcheté de ces soi-disants alliés, l'officier de la CIA est celui qui agit face à la passivité des autres. Appréciez plutôt ce morceau de dialogue où le personnel principal discute avec son supérieur des options s'offrant à eux dans cette situation de crise :

Six personnes sont parvenues à s'échapper. Les Rosbifs ont refusé de les accueillir. Les Kiwis aussi. Finalement ce sont les Canadiens qui les ont pris sous leur aile.

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Et c'est ce parti pris scénaristique, que l'on peut voir également comme une mise en lumière hautement politique des faits (en sus du caractère blessant de certains dialogues), qui est âprement discuté.

Et tout est écrit semble-t-il. Face au storyboard du long-métrage qui a remporté la précieuse statuette à Hollywood en février dernier, c'est un carnet ayant appartenu au diplomate Richard Sewell en poste à Téhéran lors des évènements qui attire toute l'attention de la population mais surtout du personnel politique kiwi, car comme le rapporte The Guardian le parlement s'est emparé de la question.

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Ce que prouverait ce document, c'est l'investissement des diplomates néo-zélandais dans la résolution de la crise. Plus encore, la close collaboration entre l'ambassadeur kiwi Chris Beeby et les officiels américains. Mais également le courage de certains individus, notamment du propriétaire du carnet et des ses collègues qui ont conduit les otages à l'aéroport de Téhéran pour leur permettre de fuir le pays. À ce sujet il écrit :

J'ai pensé rapidement aux conséquences pour Chris, moi et les autres. Sans aucun doute nous aurions tous souffert. Nous avons conduit le reste de la route en silence.

Outre cela, le document fourmillerait de détails croustillants sur Tony Mendez mettant en doute sa proactivité supposée.

Plus que des réponses claires sur le déroulé des évènements, cette histoire met en lumière la difficulté inhérente à la création cinématographique quand on touche à pareils sujets. Et la nécessité d'un traitement impartial.

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Source : THE GUARDIAN

Par Tomas Statius, publié le 05/04/2013

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